Dinant - Ciney

La cour d'assises de Namur a entendu, mercredi après-midi, la psychologue mandatée par le juge d'instruction pour dresser le profil psychologique d'Alpha Diallo, un réfugié guinéen, âgé au moment des faits de vingt ans, meurtrier présumé d'un autre réfugié, âgé lui de 17 ans et d'origine afghane, Amer Molakhel. Les faits se sont déroulés au centre Fedasil de Pondrôme (Beauraing), le 6 février 2018

Selon la psychologue, les problèmes psychologiques d'Alpha sont survenus lors du décès de son père, un commerçant prospère de Conakry, capitale de la Guinée. Son oncle, suivant la loi coranique, a épousé la maman d'Alpha et a voulu faire suivre à son neveu les cours d'une école coranique, au grand dam du jeune homme qui s'est révolté.

C'est de cette époque, alors qu'il n'a que quinze ans, que datent ses premiers pas dans la consommation d'alcool. Aujourd'hui, si Alpha reconnait les faits, il prétend avoir agi en légitime défense ou sous la contrainte de la provocation. On relève chez lui une tendance certaine à la victimisation, même s'il prétend que l'alcool ou la drogue n'ont pas motivé son acte criminel.

Le "parrain Fedasil" d'Amer Molakhel est ensuite venu parler de son filleul. Le jeune homme était un Pachtoune et pratiquait la religion musulmane sunnite. Son père était policier et craignait pour les siens les représailles des Talibans. C'est ainsi que son fils Amer est arrivé chez nous en février 2017 en passant par l'Iran, la Turquie et l'Allemagne. Il a fréquenté beaucoup de centres Fedasil car, à chaque fois, il adoptait un comportement inadéquat (bagarres, rackets etc) qui lui valait rapidement un transfert. Il aimait se mêler à chaque bagarre au point qu'on le surnommait "le justicier".

Jeudi, débuteront les plaidoiries de la partie civile, suivies par le réquisitoire de l'avocat général. Viendront dans l'après-midi, la plaidoirie de la défense et d'éventuelles répliques. "Et, s'il nous reste du temps, le jury et la Cour pourraient se retirer pour statuer sur la culpabilité", a conclu le président Olivier Warnon.