La cour d’assises de Namur a poursuivi mardi le procès de Linda Weber, accusée d’avoir tué son mari Richard Piron de 7 balles le 1er mai 2019 dans leur domicile de la rue Taravisée à Sorinnes (Dinant).

Mardi après-midi, la cour a entendu les 3 enfants du couple. L’aînée, âgée de 33 ans a confié avoir vécu une enfance tout à fait normale, “à l’exception des problèmes d’alcool de papa”. Questionnée au sujet de la relation entre ses parents, cette dernière déclare : “Il la rabaissait et la maltraitait sans arrêt, si bien qu’elle croit aujourd’hui qu’elle ne vaut rien. Je me souviens de scènes où, toute petite, maman était à terre et papa tapait dessus. Elle appelait la police, mais retirait sa plainte, elle se taisait et ramassait. Ou alors il se montrait sous son meilleur jour ou se couchait dans le lit à l’arrivée des agents et leur demandait ce qui se passait. La police ne nous a pas aidés. La famille était au courant des problèmes mais n’a rien fait, cela devait arriver mais j’ai toujours cru que mon père tuerait ma mère et pas l’inverse. Il avait une fois dit qu’il nous tuerait tous d’ailleurs. Certains des amis de mes parents profitaient d’eux car ils étaient naïfs. Financièrement, cela a été la descente aux enfers. Quand ils ont tous les deux arrêté de travailler, c’est devenu très tendu, parfois c’était la compétition d’insultes.”

Au sujet de Richard Piron, sa fille déclare qu’il était généreux et avait bon coeur, qu’il était aimant et s’occupait bien de ses enfants et qu’il a été un papy exemplaire pour son fils. “Mais il faisait le fort et voulait toujours avoir raison, montrer que c’était lui le chef. Aujourd’hui, on essaie de reconstruire une vie. Le calme est revenu. Je vais toutes les semaines sur la tombe de mon père. J’ai hébergé ma mère quand elle a été libérée, c’est mon devoir de l’aider, elle n’a plus touché un verre depuis les faits. Elle a gâché sa vie car au fond, elle aimait papa, mais l’amour a laissé place à la haine.

La jeune femme affirme que Linda Weber voulait se suicider juste après avoir appris la mort de son mari. “Ce n’est qu’au commissariat lorsqu’elle était interrogée qu’elle semble avoir réalisé ce qu’elle avait fait, quand les policiers lui ont dit que papa était mort. On l’a entendue hurler dans le couloir.

Le plus jeune des fils confie, au sujet de la relation actuelle avec sa mère : “On ne pardonnera pas maman pour ce qu’elle a fait mais en même temps, on n’a plus qu’elle, donc on ne va pas la laisser tomber. Mais ce ne sera plus jamais comme avant” Il présente son père comme “aimant, gentil et serviable. Il a toujours été là pour nous, il était intelligent et fort manuel. Son seul défaut était la boisson, comme ma mère en fait.

Le second enfant du couple confie : “Je n’ai pas été voir ma mère en prison. Après la prison, elle est venue vivre avec nous et on lui a aménagé une pèce. On essaie de vivre comme une famille normale.

Les débats se poursuivront mercredi avec l’audition des témoins de moralité et de personnalité.