C’est un dossier difficile à appréhender sur lequel le tribunal correctionnel de Dinant s’est penché ce mercredi. Car le prévenu a manipulé de nombreuses personnes durant l’enquête et a changé plusieurs fois de version. Ce Beaurinois né en 1991 est poursuivi pour des attentats à la pudeur commis sur ses deux enfants et ses deux nièces, entre 2016 et 2020. Sa compagne de l’époque est quant à elle inquiétée pour non-assistance à personne en danger.

En 2016, celle-ci surprend à deux reprises son compagnon en pleine érection, en présence de son fils de trois ans et demi. Elle en fait part à sa mère et à une amie, affirmant avoir assisté à des gestes déplacés. Dont une fellation. Des propos sur lesquels elle est revenue, à l’audience.

Le principal intéressé, lui, conteste les faits. Il confirme avoir été en érection. Car il souffrirait de priapisme. "Juridiquement, et même si j’en ai des haut-le-cœur de le dire, être en érection en présence de son fils n’est pas un attentat à la pudeur", plaide son avocat.

À cette époque, la justice s’était déjà intéressée à ces faits qui ont été classés sans suite. Jusqu’au 22 août 2020, jour où le père du prévenu le surprend en train de toucher son fils, nu. Sa sœur est également présente, nue elle aussi.

Le comportement du prévenu complique ensuite l’enquête. Grand manipulateur, il réussit à berner les multiples médecins, experts et autres professionnels de la justice qui le rencontre en changeant régulièrement de version et en amenant des éléments supplémentaires, comme un viol qu’il aurait subi à l’âge de 11 ans, au fil de ses entrevues. "Il a aussi réussi à "fourber" le test du polygraphe, qui a été non-mensonger", dit la partie civile.

Six ans ferme sont requis par le parquet de Namur. La défense, elle, demande un maximum de cinq ans de prison afin d’assortir cette peine d’un sursis probatoire, pour l’unique fait reconnu. "Monsieur a un problème, cela n’a échappé à personne. Mais il est en capacité de se faire soigner." L’acquittement a par ailleurs été requis pour sa compagne qui n’avait, selon son avocate, aucune volonté de s’abstenir de venir en aide à ses enfants. Jugement le 18 mai.