Les jardins du domaine provincial de Chevetogne évoluent au fil des saisons, mais aussi des changements de notre société. Par le passé, la "mode" paysagère voulait des jardins nets, une herbe presque coupée à la serpe, des bordures soignées et sans herbes folles, des parterres fleuris alignés et où les fleurs et la terre se partageaient l'espace, mais où les "mauvaises herbes" se faisaient couper la tête dès les premières pousses.

Ce temps est révolu, notamment parce que les produits phytosanitaires, utilisés dans l'entretien des jardins ont été largement discrédités (et interdits, peu à peu). "Ces produits, plébiscités par des jardiniers pointilleux pour leur traitement sans merci des indésirables, ont un impact négatif sur la faune, la flore et les nappes phréatiques mais aussi sur la santé Humaine, à court terme. Dans un parc aussi grand que celui-ci, Il a fallu trouver des alternatives pour proposer des jardins qui ne nécessitent pas un arrachage manuel (et multiplierait par 10 le temps consacré à chaque parcelle).", explique le domaine.

Après de longues réflexions et avoir consulté de nombreux experts, l'équipe parc et jardins a effectué un virage à 180° : les espaces verts du Domaine laissent désormais de plus en plus de place à la nature, en acceptant que les jardins prennent un aspect soit moins régulier, plus sauvage.

"Vous avez pu admirer par exemple le pré fleuri près de l'expobox au début du printemps, les accotements "sauvages" de l'étang du Bout du monde ou les floraisons du pré fleuri qui encadre parfaitement le Pont Palladien. Coquelicots, brunelle, bleuets, marguerites, pissenlits, trèfles, graminées, millepertuis... de nombreuses espèces se mêlent, créant un feu d'artifice de couleurs et de parfums, mais aussi un ballet d’insectes pollinisateurs. Car non seulement ces prés ne nécessitent pas d'entretien, si ce n'est une fauche en fin de floraison, mais ils sont en plus une vraie richesse pour la biodiversité qui bénéficie alors de refuges (herbes hautes) mais aussi d'une source de nourriture importante : pollen,insectes, petits invertébrés, ..."

Le pré fleuri du pont Palladien sera différent dans les prochaines années. "En 2020, suite au chantier, nous avons semé un pré fleuri temporaire(composé de fleurs annuelles) avec les conseils de Pascal COLOMB (Société Ecosem).​ Lors des prochaines floraisons, plus rien ne sera semé, et la nature reprendra ses droits. Certaines fleurs envahiront l'espace qui leur est dédié, au détriment d'autres espèces qui "laisseront leur place"."