La Ville de Ciney lançait en juin dernier une grande enquête sur le commerce cinacien. Les autorités souhaitaient "identifier le comportement et les attentes des consommateurs afin d’établir un diagnostic de la situation pour pouvoir ensuite faire naître des pistes d’action". Car ce secteur, comme dans bien d’autres villes, est en difficultés.

Les résultats de cette enquête, complétée par 1.200 personnes, ont été dévoilés au grand public ce lundi soir. Il en ressort notamment que le bassin de consommation de Ciney pour les achats alimentaires (alimentation générale, alimentation spécialisée,…) est en sous-offre. Même constat pour les "achats semi-courants lourds" qui concernent l’équipement de la maison, l’électroménager, le transport, etc. Pour les "achats semi-courants légers", qui reprennent l’équipement de la personne, les loisirs ou le sport, par exemple, Ciney ne possède pas de véritable bassin de consommation. "La population cinacienne fréquente les bassins environnants tels que Marche-en-Famenne, Dinant ou encore Namur", dit l’AMCV (Association du Management de Centre-Ville). "On n’est pas étonné de ce qu’il manque comme commerces", réagit l’échevine du commerce Anne Pirson.

Le territoire cinacien compte 164 cellules commerciales. En 2021, 19,8 % d’entre elles étaient vides. Si ce chiffre reste élevé, on note néanmoins une diminution de 4,1 % par rapport à 2020. Un taux qui est également inférieur à ceux de Dinant (25,7 %), Couvin (24,6 %) ou Beauraing (22,3 %). Des villes qui n’ont par ailleurs pas connu la tendance positive qu’a connue Ciney.

Ces cellules vides s’expliquent notamment par la baisse de fréquentation du centre-ville. La difficulté de stationnement et le fait que celui-ci soit payant et l’offre commerciale suffisante en d’autres endroits sont mis en avant pour expliquer cette baisse de fréquentation. "Le parking est un faux problème. L’enquête a été réalisée avant qu’on instaure les 30min gratuites et le renouvellement des horodateurs et n’est donc sans doute plus à jour. Il existe par ailleurs de nombreuses possibilités de parking gratuit aux abords du centre. Mais, oui, il faut accepter de marcher 50m. L’autre point de satisfaction est que le sentiment de sécurité est assez satisfaisant malgré les plaintes de certaines personnes."

Des pistes d’action

Sur base de cette enquête, l’AMCV retient plusieurs pistes. L’une est de profiter de la crise sanitaire pour se redéployer. Cela commencera, pour les commerçants présents, par le développement du commerce digital. travailler sur l’animation du centre-ville est aussi préconisé. "La zone de chalandise est assez étroite, elle couvre Ciney et Hamois. On est persuadé qu’il y a moyen de l’agrandir. Nous allons reprendre contact avec l’AMCV pour développer une réelle stratégie et établir des fiches d’action." Reste désormais à lancer la dynamique pour que Ciney devienne une "ville quart d’heure", soit une ville qui offre tout ce qui est essentiel à la vie en 15 minutes à pied ou 5 minutes à vélo.