Deux membres d’une même famille ont comparu devant le tribunal correctionnel de Dinant, ce mercredi matin, pour une tentative d’assassinat commise à Ciney, le 11 mai 2019. L’un d’eux, Christopher, a porté un coup de couteau dans le dos d’une autre personne, à la sortie du "Cocoon". Jason, le second, est considéré comme coauteur. C’est lui qui aurait fourni le couteau.

Tous deux avaient commencé leur soirée à Namur, le 10 mai. Ils l’ont prolongée à Ciney, d’abord dans un café puis au Cocoon, devant la gare. "Au café déjà, ces deux individus qui étaient présents pour "chasser la gonzesse" ont dragué une fille de manière très lourde", précise la partie civile. Au sein de la boîte de nuit, Christopher a commencé à faire une vidéo. "Je faisais un "snapchat". Un homme est alors venu vers moi et m’a demandé de l’effacer. Puis il a pris mon gsm", explique-t-il.

Une heure plus tard, à la sortie, ce dernier, toujours énervé, s’est saisi d’un petit couteau en céramique pour aller le poignarder dans le dos alors qu’il allait monter dans sa voiture. "Jason me l’a montré et je lui ai pris des mains", ajoute-t-il. La victime a été touchée au niveau d’une omoplate. Elle a souffert d’un pneumothorax et d’un poumon a été perforé. Il a dû être hospitalisé en soins intensifs.

L’avocat du prévenu principal estime que son client a agi sur un coup de colère et sous l’effet de l’alcool. "Il n’y a eu qu’un seul coup. Par définition, l’omoplate est un os. Il y a des zones plus létales." Au contraire, la partie civile et le parquet de Namur estiment que la violence du coup, la zone visée, l’attitude de fuite et le délai écoulé entre la première altercation dans la boîte de nuit justifient la tentative d’assassinat.

Pour l’avocat de Jason, une partie de ce qu’il s’est produit à la sortie de la boîte de nuit reste floue. Comme le fait de savoir si son client a bel et bien sorti le couteau, ce qu’il conteste. "J’avais un pantalon militaire très large. Le couteau était dans une des poches et il me l’a pris."

Le tribunal rendra son verdict le 8 juin. Des peines de 5 ans et 40 mois ont été requises.