Le 13 février 2016, une altercation s'est produite entre un automobiliste et un cycliste à Yvoir. Le premier est partie civile, le second prévenu. Mais ce dernier dit s'être défendu à la suite de coups reçus.

Les faits avaient déjà été évoqués lors d'une audience de janvier 2020. Le cycliste faisait partie d'un groupe avec qui il venait de faire une sortie d'une centaine de kilomètres. Les cyclistes se sont engagés dans un rond-point, à Yvoir, alors qu'une camionnette y circulait déjà. Conséquence : le peloton a été scindé en deux parties. Une manœuvre jugée dangereuse par le cycliste qui estime que la voiture aurait dû ralentir et les laisser passer. « Ce véhicule s'est retrouvé au milieu du peloton et freinait, ce qui a engendré des écarts mais pas de chute. Je me suis mis à sa hauteur et il s'est finalement mis sur le côté. J'étais avec mon vélo au niveau de l'ouverture de sa portière. Il m'a porté un coup au visage avec un rétroviseur. J'ai réussi à le désarmer et à le repousser, puis il m'a porté un coup avec une clé à douille pliée en L. Heureusement j'avais mon casque. Je l'ai maîtrisé et j'ai demandé de l'aide », expliquait le cycliste à l'audience.

L'automobiliste, lui, disait avoir été contraint de freiner par la manœuvre des cyclistes qui auraient forcé le passage. « J'ai du freiner pour ne pas en percuter un. C'est comme ça que je me suis retrouvé dans le peloton. J'ai très vite été entouré de cyclistes, dont le prévenu, qui frappait sur mon carreau. Ce monsieur est entré dans mon véhicule, m'a arraché mes lunettes et m'a coincé. J'ai pris ce que je trouvais, c'est-à-dire le rétroviseur puis une barre de cric avec lesquels j'ai essayé de me défendre. »

Ce jeudi, trois témoins, tous cyclistes, ont été entendus. « Une bonne moitié d'entre nous a passé le rond-point quand monsieur est arrivé avec sa camionnette. Il accélérait et freinait alors qu'il n'y avait plus personne devant lui. Il s'est mis sur le côté à la sortie du rond-point. Je l'ai vu prendre un objet alors que monsieur (Ndlr : le prévenu) allait le voir. Il l'a repoussé quand il a voulu le frapper avec l'objet. Il a alors pris un autre chose, une sorte de racagnac, et l'a frappé à la tête avec. Heureusement qu'il avait un casque. Je suis allé le désarmer par le côté passager », a-t-il indiqué. Les deux autres témoins ont mis en avant le fait qu'ils roulaient en peloton. Selon eux, ils avaient la priorité. « Il nous a coupé la route. Ce qu'on nous apprend, c'est qu'on ne s'arrête pas comme ça. C'est comme si on était un camion. On a la priorité.» « Si les premiers passent, il est normal que les autres vont suivre. » Le code de la route ne prévoit toutefois pas cela. « La règle est que celui qui est déjà dans le rond-point a priorité. Tant pis si une partie de votre groupe était passée. Le reste devait s'arrêter », a indiqué le président. 

La scène a été filmée par une caméra sur le casque d'un cycliste. La suite du dossier le 9 septembre.