Les écologistes de la province de Namur et les Verts de la région française du Grand Est manifestent "leur plus grande opposition" à l’idée d’ouvrir des réacteurs nucléaires de nouvelle génération sur le site de la centrale de Chooz. Située dans le département français des Ardennes, cette centrale est située à quelques kilomètres de la Belgique, dans la pointe de Givet. À 10 km de Beauraing et à 25 km de Dinant. "Les vents dominants soufflent vers la Belgique. La Meuse, au bord de laquelle se trouvent ses installations, poursuit son parcours en Belgique. Si un incident s’y produit, la province de Namur est en première ligne, exactement au même titre que les territoires français", indique la députée fédérale Cécile Cornet (Ecolo), élue de la circonscription de Namur.

Dans un courrier adressé au président français Emmanuel Macron, certains élus du département français des Ardennes ont indiqué être volontaires pour qu’"un ou plusieurs réacteurs de nouvelle génération" s’installent à Chooz, qui compte déjà deux réacteurs nucléaires, rapportait la presse locale la semaine dernière.

Le maire de Charleville-Mézières (Les Républicains, de droite) et président d’Ardenne Métropole Boris Ravignon dit être à l’initiative de ce courrier. Cette proposition n’est pas du goût des écologistes. Selon eux, le choix du site est irréaliste, en raison des périodes d’étiage de la Meuse de plus en plus fréquentes.

Du fait du changement climatique, le débit devient depuis plusieurs années insuffisant chaque fin d’été pour alimenter la centrale actuelle ; ainsi un voire deux réacteurs doivent être arrêtés pendant de nombreuses semaines.

Les écologistes rappellent par ailleurs que les deux réacteurs actuels de Chooz sont à l’arrêt depuis le 15 décembre et pour un an pour vérification des défauts sur leur circuit de refroidissement de secours. "La priorité est à la sécurisation des installations existantes. Le nucléaire a déjà montré toute sa dangerosité, nous nous opposons à ce choix de nouveaux réacteurs."