En juin 2019 dans l’arrondissement de Dinant, 2 ouvriers ont fait une chute de plusieurs mètres depuis un échafaudage alors qu’ils réparaient une toiture. L’un d’eux a subi un écrasement des vertèbres, le second a souffert d’un traumatisme et d’une hémorragie crânienne. Il a perdu l’odorat et le goût et évoque des troubles de la mémoire. 

Pénalement responsable, le patron de l’entreprise concernée était présent devant le tribunal correctionnel de Namur le 10 novembre. Les deux hommes étaient des amis, il travaillait avec un depuis 12 ans et avec l’autre depuis 20 ans. Il confiait : « Pour moi, c’est un drame. Je n’ai pas voulu leur faire de mal. Je leur avais demandé de monter un échafaudage tubulaire et ils en ont monté un à taquets. Je l’ai constaté mais je ne le leur ai pas fait démonter car le chantier était court. Je le regrette aujourd’hui. »

Le substitut Deumer, de l’auditorat du travail, relevait l’absence, ce jour-là, des dispositifs de protection antichutes conformes à la réglementation. Le prévenu devait répondre des préventions suivantes : absence de dispositif de protection, absence de rapport d’analyse de risques et coups et blessures involontaires. 

Le tribunal a rendu son jugement ce mercredi. Le patron écope d'une peine de prison de 6 mois assortie d'un sursis de 3 ans et  d'une amende de 24.000 euros assortie d'un sursis de 3 ans. Dans le jugement, le tribunal souligne le fait que des rappels avaient été adressés à l'entrepreneur suite à des manquements en matière de sécurité et déplore l'absence d'analyse de risques. Des coups et blessures involontaires par défaut de prévoyance ou de précaution sont retenus. Le tribunal estime que le prévenu a voulu réaliser des économies sur la sécurité de ses travailleurs et rappelle qu'alors qu'il savait que les échafaudages installés n'étaient pas le bon, le patron a laissé se poursuivre le chantier, mettant en danger l'intégrité physique des deux hommes.