Dinant - Ciney Les gelées nocturnes printanières ont menacé les vignes. Il a fallu les protéger.

Les gelées printanières de ce week-end n’ont pas été de tout repos pour les viticulteurs. Au château de Bioul, durant trois nuits, il a fallu protéger quatre des onze hectares de vignes pour éviter la catastrophe. "Cela fait trois nuits qu’on est débout. Nous avons une station météo qui nous alerte quand la température descend sous 0°. On sait que ça peut arriver, ce n’est pas dû au dérèglement climatique. C’est quelque chose de récurrent et qui date depuis toujours. Pour les pommes, les poires et les raisins, c’est problématique. Et les moyens pour lutter contre le froid sont aussi vieux que le problème", commente Vanessa Wyckmans-Vaxelaire.

Si le domaine possède une éolienne capable de protéger quelques hectares de vignes (NdlR : en cas de faibles gelées) en brassant l’air en hauteur, plus chaud que l’air proche du sol, des méthodes plus manuelles ont été indispensables pour les quelques hectares restants. Principale technique : le feu. "On s’était préparé. On devait être à 47 feux pour protéger les vignes. Cela servait de barrage contre le froid qui coule un peu comme l’eau. On a également utilisé des bougies par endroits mais il en faut beaucoup. Enfin, nos tracteurs équipés de ventilateurs ont tourné toutes les nuits. Lorsque l’air est chassé, il faut une vingtaine de minutes avant que le froid se réinstalle."

Au levé du soleil, ce sont des écrans de fumée provoqué par des feux de paille qui ont protégé les vignes. "Quand le soleil se lève, c’est la qu’il fait que plus froid et que les bourgeons grillent." Ce lundi matin, il était encore difficile d’évaluer les éventuels dégâts provoqués par ces gelées printanières. "Peut-être entre 10 et 20 % mais je suis confiante."

A quelques kilomètres de là, Au Château Bon Barron qui possède des vignes à Lustin (Profondeville) et Houx (Yvoir), le week-end a été moins difficile. La principale raison ? La présence de la Meuse. "La brume protège du froid", explique Jeanette van der Steen qui évoque également une technique de culture qui ralentit la croissance des vignes. "Chaque année, on enlève les anciens bois, sauf un qu’on coupera après les gelées. Cela ralenti la croissance des nouvelles pousses. Enfin, on pulvérise avec de l’huile végétale pour ralentir le bourgeonnement."

S.M