Accident, malaise, feu qui dégénère, inondation. Autant de raisons pour lesquelles les secours sont amenés à intervenir sur les différents lieux de camps de mouvement de jeunesse, chaque année, en Belgique.

L’an dernier, les pompiers de la zone Dinaphi et plus particulièrement ceux de Rochefort ont eu fort à faire en raison des fortes pluies. Fin juin, douze adultes qui préparaient un camp ont été surpris par la montée des eaux d’un petit affluent de la Lesse et ont dû être évacués. Un avant-goût de ce qui attendait les secours deux semaines plus tard avec les terribles inondations du 14 juillet. Ce jour-là, le chaos frappait Rochefort rendant les services de secours surchargés. "Des particuliers et des voiries étaient déjà inondés quand le problème des camps scouts s’est présenté. On n’était pas prêt à s’attaquer à ce genre d’événement avec autant de scouts", explique le porte-parole de la zone Dinaphi Patrice Liétart. 1.300 jeunes ont été évacués.

Pour éviter de revivre une situation similaire, la commune et les pompiers de Rochefort ont élaboré un nouveau plan de sécurité pour les lieux susceptibles d’accueillir un camp. "Si on avait eu ce plan l’an dernier, tous les camps auraient été évacués dès le matin", poursuit Patrice Liétart.

Selon ce dernier, la commune de Rochefort compte 17 lieux de camp sur son territoire. Sur base des documents déjà en possession de la commune, un cadastre a été réalisé. Les lieux "en dur" tels que les fermes ou salles ont premièrement été différenciés des prairies.

Chaque lieu a été rendu identifiable grâce à une numérotation. "Exemple : W02. Grâce à ce numéro, on a les coordonnées du propriétaire, l’adresse du camp et une carte topographique pour aiguiller n’importe quel pompier qui devrait se rendre sur place. Et on va prochainement améliorer cela avec des documents Google Map. L’idée des panneaux m’est venue de mon expérience passée aux Lacs de l’Eau d’Heure. Ce n’était pas toujours évident de s’y retrouver lorsqu’il fallait intervenir. Des panneaux similaires ont été installés et c’est tout de suite devenu beaucoup plus simple", précise Patrice Liétart. Ces panneaux ne sont pas encore affichés. La commune va prochainement déterminer un format pour ensuite charger les propriétaires de les installer.

Troisièmement, l’accessibilité à ces différents endroits de camps a été minutieusement décrite. "Pour chaque camp, on sait si les chemins sont carrossables, si une ambulance sait s’y rendre ou s’il faut prévoir des moyens pompiers supplémentaires."

Autre point d’attention : la situation éventuelle en bordure de cours d’eau. Ceux qui se trouvent à proximité de la Lesse, la Lhomme, la Wamme ou tout autre cours d’eau pouvant "gonfler" font partie d’une liste prioritaire. "Six des 17 localisations sont concernées. Nous nous rendrons régulièrement sur place pour faire un état des lieux. En fonction de ce que nous constaterons et des prévisions météorologiques, cela nous permettra de prévenir les autorités et d’anticiper les problèmes."

Enfin, un point de rassemblement a aussi été défini.

Autant de nouveautés qui vont permettre aux secours d’intervenir avec plus de rapidité, d’efficacité et de facilité. "Avant, on avait un grand listing, imbuvable, des différents lieux de camp et un "Monsieur scout" qui nous prévenait en cas de souci. Il arrivait qu’on intervienne un jour sur place et qu’on soit appelé par le 112, deux semaines plus tard, pour une nouvelle intervention. À chaque fois, on redécouvrait tout."