Le dossier a été plaidé ce jeudi matin au tribunal de Dinant. Un an de prison a été requis.

C'est sous les liens du mandat d'arrêt que Luc Nem (38 ans), auteur présumé du meurtre de sa compagne Marielle Tournay survenu dans la nuit du 27 au 28 novembre rue de la Gendarmerie à Assesse, a comparu ce jeudi matin devant le tribunal correctionnel de Dinant.

Le fait de violence pour lequel il est poursuivi remonte au 17 avril 2017 à Yvoir. Luc Nem s'en est pris ce jour-là à une parfaite inconnue. « J'étais à un barbecue chez une amie quand j'ai entendu mon chien crier. Il s'était échappé. Cette dame le frappait avec une béquille alors qu'il fait 6kg tout mouillé. Quand j'ai voulu le reprendre, j'ai aussi reçu un coup de béquille au visage, sans doute malencontreusement. Je ne sais pas si elle voulait vraiment me toucher ou si elle visait encore le chien. Mais j'ai vu rouge », explique Luc Nem.

La dame, qui avait de grandes difficultés pour se déplacer et qui devait d'ailleurs marcher à l'aide de béquilles, a été projetée plusieurs fois au sol. A chaque fois qu'elle se relevait et qu'elle tentait de se défendre, Luc Nem la repoussait dans les cailloux. Il a fallu l'intervention de voisins et de sa compagne pour mettre fin à cette scène de violence. Ce jour-là, le prévenu était ivre d'après les policiers intervenus sur place. Il l'a reconnu, il avait bu plusieurs verres de vin. « L'alcool est un problème pour vous ? », lui a demandé le président du tribunal. « Énorme », a répondu Luc Nem contre qui un an de prison a été requis.

L'alcool est en effet une constante dans la vie du trentenaire qui a déjà été condamné plusieurs fois pour des faits d'alcool au volant mais aussi pour des violences conjugales avec la boisson en toile de fond. La dernière en date remonte au 2 octobre dernier et au prononcé d'une peine de 20 mois de prison avec sursis probatoire. Toutes ces condamnations ne l'ont toutefois pas empêché de reproduire ces gestes de violence et de commettre l'irréparable dans la nuit du 27 au 28 novembre à Assesse. Cette nuit-là, dans l'habitation de sa mère adoptive de l'inculpé où il est domicilié, Marielle Tournay (1979) a succombé à "de nombreux coups extrêmement violents ». Des faits dont la matérialité n'est pas contestée par Luc Nem, qui dit néanmoins ne se souvenir de rien. « Pour les faits d'Yvoir, je vous demande de juger sur base des éléments du dossier, en essayant de faire abstraction du reste », a plaidé son avocat. Jugement le 23 janvier.