Jeanette van der Steen a implanté son domaine, le château Bon Baron, à Yvoir et Dinant parce qu’elle croit au pouvoir de la nature qui crée des conditions micro-climatiques idéales pour la culture du vin dans la vallée des bords de Meuse. Elle le prouve chaque année en récoltant de nouveaux prix internationaux pour ses vins qui séduisent les grands restaurants et les amateurs les plus exigeants.

Aujourd'hui, ce n'est pas pour promouvoir son vin et expliquer son travail qu'elle prend la parole, mais pour dénoncer l'incivisme des camperus sauvages en bord de Meuse.

© van der Steen

"Les amoureux de la nature ont de nouveau été chassés par les campeurs sauvages le week-end dernier, comme souvent", tonne-t-elle "Sont-ils des pêcheurs? Certainement pas. Les vrais pêcheurs ont beaucoup plus de respect pour leur et pour notre environnement. Les campeurs viennent jusque au bord de la Meuse autour et à coté nos vignes avec leur voitures", se plaint celle qui a photographie des amoncellements de détritus, de déjections humaines, de cendres (avec les risques de propagation du feu avec la sécheresse), des cannettes de bière et bouteilles d'alcool...

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Sans oublier les nuisances sonores liées aux disputes sous influence, aux cris... La vigneronne n'est pas la seule à s'en plaindre. Les riverains sont au diapason. "La police a été prévenue à plusieurs reprises, elle a certes vérifié, mais est repartie les mains vides et il n'y a pas d’intervention. Qui devrait nettoyer tout ça? Si cela doit être fait, nous devrons clôturer notre vignoble pour tout le monde", annonce celle qui a prévenu tant les communes d'Yvoir que de Dinant, tant elle constate de saletés dans ses vignes.

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Outre son désagrément personnel, elle regrette l'image déplorable renvoyée en raison de ces incivilités multiples. Les résidents de la zone ne comprennent pas ce qu'ils estiment être du laxisme de la part des autorités. D'autant que les incivilités ne sont pas marginales: ils sont nombreux à venir polluer le voisinage. Du côté de la police, il est expliqué que les campeurs s'en vont dès qu'une patrouille arrive et qu'il est donc difficile de les prendre sur le fait.

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Qu'en disent les bourgmestres? A Dinant, on promet un débat sur la question en collège pour trouver des solutions. "Il faut parvenir à rendre compliqué l’accès de ces lieux aux véhicules, même si certains font de grands détours pour entrer malgré tout." A Yvoir, on est mal pris car on ne peut pas interdire l'accès des promeneirs purement et simplement. "Mais on pourrait par exemple envisager de détacher un agent communal charger de sensibiliser les gens." Les riverains estiment les propos peu tièdes pour des incivilités à répétition.

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