Dinant - Ciney

Mardi après-midi, alors que le président de la cour d'assises de Namur donnait la parole à l'accusé Alpha Diallo, le jeune réfugié guinéen a modifié sa version du meurtre commis le 6 février 2018 au centre Fedasil de Pondrôme sur un demandeur d'asile afghan de 17 ans.

 Il a déclaré qu'il n'avait pas porté de coup de ciseaux dans le cœur d'Amer Molakhel, comme il l'avait précédemment déclaré à plusieurs reprises. Selon lui, il a bien sorti cette paire de ciseaux mais c'est un membre du personnel du centre Fedasil qui, en voulant séparer les deux jeunes gens, est tombé sur Amer Molakhel et, de par son poids, a enfoncé la pointe de l'arme dans le cœur de la victime. Alpha Diallo en a profité pour accuser le juge d'instruction: "il est là pour me faire des ennuis", a-t-il lancé.

Ce même juge a commenté la reconstitution du 1er mars 2018. La police de la Zone Houille-Semois, qui est arrivée en premier sur place, a rapidement dû procéder à l'arrestation d'Alpha Diallo puis à son évacuation du centre, la communauté afghane présente sur place ayant menacé le suspect de représailles. Les policiers ont également procédé à l'interpellation d'un individu qui, armé d'un couteau, se rapprochait dangereusement du combi où était détenu Diallo.

La défense, assuré par Mes Thirion et Leloup, a interrogé les enquêteurs sur la façon dont Diallo tenait le couteau mais n'a pas pu obtenir de réponse satisfaisante.

L'expert en toxicologie, qui a analysé les échantillons de sang et d'urine des deux antagonistes, a précisé qu'ils avaient tous deux consommé du cannabis avant les faits. La victime avait en outre consommé l'équivalent de quatre bières. Il n'y avait en revanche plus de trace d'alcool dans le sang de l'accusé mais bien dans l'urine, les prélèvements ayant été effectués plus de cinq heures après les faits.

Mercredi matin, le médecin légiste, le médecin urgentiste ainsi que des membres de Fedasil seront entendus par la cour.