Le 7 avril 2018, Luc Hallin, un Profondevillois de 52 ans, trouvait la mort devant le café "Chez Mireille" à Annevoie, percuté à deux reprises par une camionnette. Son conducteur, Johnny Obrecht, est poursuivi devant le tribunal correctionnel de Dinant pour homicide volontaire, avec l’excuse de provocation. Luc Hallin, ivre avec plus de 4g d’alcool dans le sang, lui aurait couru après avec une tronçonneuse.

Ce jeudi matin, à la demande du tribunal, un psychiatre et une docteure en psychologie ont expliqué comment, via les expertises réalisées durant l’instruction six mois après les faits, ils sont arrivés à la conclusion que Johnny Obrecht se trouvait dans un "état de dissociation significatif" qui aurait altéré son processus de décision.

Cette conclusion, les deux experts y sont arrivés essentiellement via le discours du prévenu qu’ils ont rencontré. Un discours est néanmoins évolutif. Il peut aussi être préparé. À ce sujet, les experts précisent que les questions qui sont posées au sujet sont très précises. Les mots utilisés pour répondre sont catégorisés, ce qui permet de mesurer l’état de stress dans lequel il se trouvait. "Quand on est dans cet état, on ne le sait pas. Ce sont des professionnels qui doivent le dire", disent-ils.

Les experts expliquent que le cerveau travaille sur trois niveaux. L’un d’eux concerne les émotions. Celles-ci sont contrôlées par le cortex. Mais dans un état de stress aigu, lors d’une situation extrêmement menaçante, les émotions débordent et le cerveau cortical ne gère plus rien. On parle alors d’un "état dissocié". Une déconnexion des émotions. Exemple dans cette affaire. Devant les psys, Johnny O. a déclaré avoir roulé sur "quelque chose". (C'était la victime). Un terme utilisé car déconnecté de ses émotions. "On peut réagir de plusieurs manières : soit en étant pétrifié, en prenant la fuite, en se battant ou en appelant à l’aide." Pour Johnny Obrecht, il y aurait un mélange de fuite et de bagarre. L’alcool qu’il avait consommé ce soir-là aurait, par ailleurs, contribué à la perte de contrôle de ses actes. Le dossier reviendra devant le tribunal le 10 novembre.