Un habitant de la région dinantaise d’une quarantaine d’années, père de famille, a comparu ce mercredi matin pour détention de documents à caractère pédopornographique. Entre 2012 et 2016, il a téléchargé entre 30.000 et 40.000 images à caractère sexuel. Sans parler de nombreuses vidéos. "J’ai été brimé durant plusieurs périodes de ma vie. Depuis, je sais très mal exprimer mes sentiments et je suis incapable de ressentir la moindre émotion. J’ai par contre une peur immense de faire mal, de me montrer violent, de tuer", explique-t-il. 

Ce quadragénaire dit avoir téléchargé ces documents pédopornographiques pour susciter chez lui des émotions afin de savoir jusqu’où il pouvait aller. C’est ce qu’il aurait fait également en consultant un cold case aux Etats-Unis. Le 25 février 1957, le corps meurtri d’un garçonnet a été retrouvé dans un carton à Philadelphie. "Je sais maintenant que je ne tuerai pas quelqu’un." 

Le téléchargement de fichiers impliquant des enfants aurait dû lui permettre de savoir s’il existait un risque de passer à l’acte avec des mineurs. Le président du tribunal s’est tout de même étonné de ces explications. "Pourquoi n’avez-vous pas consulté un spécialiste ?" "Je l’ai fait après une tentative de suicide mais cela s’est mal passé." Le président s’est aussi étonné de la longueur de la période infractionnelle et, surtout, du nombre de fichiers téléchargés. "Alors que pour d’autres problématiques, on n’a rien retrouvé." Le dossier a été reporté en vue d’obtenir l’avis de l’UPPL, dans le cadre d’éventuelles mesures probatoires.