Ciney Des manquements ont été constatés par l’Afsca. La date butoir de mise en conformité est fixée au 30 avril.

Le marché couvert de Ciney est une institution en Belgique. Chaque vendredi depuis des décennies, ce sont environ 200 camions qui amènent entre 2 000 et 3 000 têtes de bétail.

Mais celui-ci est dans l’incertitude depuis quelques mois. Plusieurs contrôles effectués par l’Afsca ont mis en évidence certains manquements. Notamment en ce qui concerne les camions qui transportent les bêtes qui doivent être systématiquement nettoyés et davantage contrôlés à l’entrée et à la sortie du marché. Mais aussi et surtout pour ce qui est de la traçabilité du bétail qui arrive parfois sans boucle orange aux oreilles. Au total, une trentaine de recommandations ont été émises par l’Afsca en juillet dernier. "On a pris cela très au sérieux. Cela touchait essentiellement la traçabilité. Ces soucis ne datent pas d’hier. Il va de soi que lorsqu’il y a 200 camions avec 2 100 bêtes comme vendredi dernier, le risque zéro n’existe pas. C’est plus difficile à contrôler que si on n’avait que 150 bêtes" , explique l’échevin du marché couvert, Gaëtan Gérard.

Une bonne partie d’entre elles ont déjà été solutionnées. Mais un récent contrôle effectué le mois dernier a mis en évidence que sept d’entre elles étaient toujours en attente de régularisation. "La Ville de Ciney a déjà engagé pas mal de nouvelles procédures. On vient notamment de lancer un marché pour recruter un certificateur qualité qui éprouvera nos procédures, améliorera le contrôle, etc."

Voyant que pas mal d’efforts ont déjà été réalisés, l’Afsca a laissé un délai supplémentaire de trois mois (30 avril 2020) pour une mise totale en conformité. "Ce qu’il se passe est aussi l’occasion pour nous de professionnaliser le marché couvert afin de ne plus avoir cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Raison pour laquelle on attend que ce certificateur qualité soit désigné et surtout d’avoir son rapport. On veut des solutions structurelles qui garantiront le bon fonctionnement du marché couvert. Mais le révolutionner ne se fera pas du jour au lendemain."

Dans les rangs de l’opposition cinacienne, les groupes Action et Ecolo ont inscrit un point supplémentaire à ce sujet pour le prochain conseil communal prévu lundi prochain. "Le marché couvert de Ciney est un outil indispensable pour l’économie cinacienne et les finances communales. Mais aussi pour le secteur agricole. C’est le dernier endroit où on peut encore se rendre compte du vrai prix des bêtes puisqu’on y confronte l’offre et la demande" , explique Frédérick Botin qui a déjà occupé le poste de vice-président de l’ASBL de gestion du marché couvert et qui le côtoyait à côté de ça via l’AWE (Association wallonne des éleveurs) et en tant qu’échevin des Travaux. "On veut un état précis de la situation et savoir quelles sont les actions qui ont déjà été entreprises et qui doivent encore être réalisées." La situation dans laquelle se trouve le marché couvert n’étonne cependant guère le conseiller de l’opposition. "Quand on a 2 000 bêtes, c’est impossible d’avoir 100 % d’efficacité. À notre époque, on a toujours eu des débats avec l’Afsca mais je pense que la confiance est rompue entre l’agence et la nouvelle équipe en place."

Pour Ecolo Ciney, il faut faire toute la lumière sur ce qu’il se passe à l’intérieur ou à proximité du plus grand marché aux bestiaux d’Europe. "En matière de sécurité de la chaîne alimentaire, le flou n’est pas une option. Néanmoins, nous connaissons aussi la rigidité des positions de l’Afsca qui reste parfois bloquée sur des principes qui ne favorisent pas le développement d’une agriculture locale et des circuits courts" , estime François Bouchat, chef de groupe Ecolo au conseil communal de Ciney.

S.M