Une dame née en 1977 a poignardé l’homme qui l’hébergeait le 14 décembre 2018, à Walcourt. Pour se défendre, a-t-elle expliqué ce mercredi matin devant le tribunal correctionnel de Dinant. La victime est aussi poursuivie. Des menaces lui sont reprochées.

La prévenue est alcoolique. "Elle a toujours été habituée à l’alcool. Son beau-père plaçait des jeux dans des cafés. Sa maman a tenu des cafés et une discothèque. Elle, a été serveuse. Elle s’est créé un bouclier de protection pour répliquer à de nombreuses situations qu’elle a vécues", explique son avocate. Dont des faits de violence.

C’est dans ce contexte qu’elle a été amenée à se défendre, selon elle, le 14 décembre 2018. L’homme qui l’hébergeait, un ami, voulait qu’elle quitte son domicile. Pour y arriver, il comptait la mettre en joue avec un fusil de chasse. "Il avait déjà mis le canon de son fusil chargé sur la tempe. Ce jour-là, je l’ai suivi dans sa chambre car je savais qu’il allait chercher son arme. Je ne voulais pas revivre ça une seconde fois. Il chargeait son fusil lorsque j’ai pris le couteau papillon qui se trouvait sur sa table de nuit", a expliqué la prévenue. Trois coups de couteau ont été portés au niveau de la nuque, d’une clavicule et du trapèze gauche. Heureusement, sans trop de gravité pour la victime qui portait deux gros pulls ce soir-là.

La défense ne plaide pas la légitime défense ni la provocation. "Madame en avait simplement marre de se laisser faire." Deux ans avec sursis probatoire sont requis à son encontre. Il faut impérativement l’aider à sortir de l’alcoolisme.

La victime, elle, conteste les menaces qui lui sont reprochées. "Il n’a jamais eu d’arme en main ce jour-là. C’est un alibi qu’elle a créé au fil du temps. Mon client mesure 1m92, les 70cm de l’arme les séparaient et il avait deux gros pulls sur lui. Dans cette configuration, comment aurait-elle pu le toucher au niveau du dos alors qu’elle dit qu’elle était face à lui", questionne son avocat. Jugement le 7 septembre.