À Rochefort, un collectif qui rassemble des riverains, des citoyens et des naturalistes se bat pour la protection intégrale du massif de la Héronnerie et pour le développement, sur le site de 8 hectares abritant les antennes de Lessive, de projets alternatifs intégrés à cet environnement.

Depuis mars 2018, ce massif forestier situé autour des paraboles ex-RTT de Lessive fait l’objet d’un projet immobilier d’ampleur. Il vise la construction de 283 logements sur une parcelle boisée appartenant à une filiale de Proximus : 135 chalets sur pilotis et dix immeubles de 148 appartements dans la partie boisée. Le promoteur immobilier liégeois Christophe Nihon, à la tête de ce projet, a demandé un permis d’urbanisme pour lequel un avis négatif a été rendu par la Région. Un recours a été introduit auprès du ministre wallon de l’Aménagement du territoire, Willy Borsus, lequel vient de prolonger le délai jusqu’au 15 décembre. Ce qui inquiète les membres du collectif. "Le Ministre de l’Aménagement du territoire, qui devait statuer sur ce recours avant le 5 novembre a décidé de prolonger la procédure jusqu’au 15 décembre, alors que tout dans ce dossier devrait l’amener à confirmer le refus du permis. Le promoteur a déjà essuyé quatre refus de permis suite à la non-conformité de son projet au plan de secteur, aux multiples atteintes à la législation sur la conservation de la nature et à l’absence de solutions pour l’approvisionnement et l’épuration des eaux. Mais il persiste et a introduit un recours."

Pour le collectif, ce projet est en décalage total avec les enjeux sociétaux actuels. Il contredit les engagements politiques wallons concernant la protection de la biodiversité, l’arrêt de l’artificialisation du territoire et la nécessité de localiser les nouveaux logements à proximité des services et des transports en commun. Il demande que Proximus revende la forêt à une association naturaliste. Mais, là encore, la situation les interpelle. "Connectimmo (la filiale de Proximus) n’a, jusqu’à présent, pas encore accepté de discuter des propositions de ventes alternatives malgré les refus de permis essuyés par le promoteur."