Gendarme depuis 1984, Fabien (prénom d'emprunt), a été affecté à la zone de police Condroz-Famenne en 2002 lors de la réforme des polices. Dans le cadre de ses nouvelles fonction (Ndlr : il s'occupait, entre autre, de l'archivage des documents), il était amené à manipuler régulièrement des clés USB. Dont une qu'il reprenait à son domicile. Jusque là, rien de grave. Sauf que celle-ci contenait des documents qui ne pouvaient quitter le commissariat. On parle de documents confidentiels comme des procès verbaux sensibles, qui concernaient par exemple des poursuites à l'encontre de policiers ou de membres de leur famille.

L'homme est aujourd'hui poursuivi devant le tribunal correctionnel de Dinant et risque une amende de 2.000€.

Les faits remontent à 2015. A cette époque, selon la défense, il n'existait aucune directive au sein de la zone de police Condroz-Famenne concernant l'emploi des clés USB. Celles-ci servaient à la fois pour le professionnel mais aussi pour le privé. « Mon client et son supérieur partageaient une passion commune pour les films et les photos de boîte d'allumettes rares. Ils s'échangeaient ce genre de documents. Il n'allait évidemment pas consulter cela pendant son temps de travail. Il rentrait chez lui avec et cela était accepté », explique la défense. L'usage de cette clé USB était mixte et Fabien ne consultait pas les documents professionnels chez lui. « C'est naïvement qu'il la reprenait. Il n'y a aucun élément moral. »

Autre argument de la défense, les P.V et autres documents n'étaient pas visibles. « Ils avaient été effacés et il fallait un programme pour les afficher. »

L'ex-compagne du prévenu est à l'origine de la dénonciation. « Quand mon client a mis fin à leur relation, elle ne l'a pas supporté. Elle a trouvé cette clé USB et a demandé à son fils, qui s'y connaît en informatique, de faire le nécessaire. Elle a ensuite amené la clé USB au commissariat. » Ces faits ont déjà eu des conséquences sur la vie professionnelle du prévenu puisqu'une décision de démission d'office a été prise à son encontre. Jugement le 1er décembre.