Frédéric (prénom d’emprunt) se souviendra longtemps de sa soirée du vendredi 7 août 2020. Au lieu de prendre du bon temps dans un restaurant de la région d’Anhée avec sa compagne, il a fini à l’hôpital avec plusieurs fractures au visage. Tout cela parce qu’il a eu le malheur de croiser la route d’un jeune homme né en 1997 pressé de rentrer chez lui après sa semaine de boulot.

Ce soir-là, Frédéric circule dans la vallée de la Molignée à bord de sa décapotable. Il ralentit, à l’approche du resto dans lequel il veut se rendre et cherche une place de parking. "Comme tout le monde le ferait", commente le parquet de Namur. Ce qui a le don d’énerver l’automobiliste qui le suit. "C’était vendredi, en fin de journée. Il roulait bizarrement. J’étais fatigué et j’avais envie de rentrer chez moi. J’ai voulu le dépasser mais il ne m’a pas laissé faire. Il m’a craché dessus et m’a porté le premier coup", explique l’auteur des faits.

L’altercation a eu lieu sur le parking du restaurant en question. Avec de lourdes conséquences pour le conducteur de la décapotable : fracture du nez, de l’orbite et de l’arcade zygomatique. Et une incapacité de travail de 17jours. Mais pour la partie civile, celle-ci serait désormais permanente avec des maux de tête récurrents. toutefois, les versions de la victime et de deux témoins ne sont pas les mêmes que celle de l’agresseur. "Monsieur l’a suivi jusque dans ce parking. Il est allé vers lui, a shooté dans sa voiture puis lui a mis plusieurs coups alors qu’il était toujours dans sa décapotable. Quand il est sorti, il a encore reçu d’autres coups et a dès lors riposté en frappant une fois aussi. On est dans une agression gratuite et pas dans un échange de coups comme on essaye de vous le faire croire", précise le parquet de Namur.

Car c’est la thèse de la défense. "Chacun a porté un coup au véhicule de l’autre tandis que la victime et un témoin parlent d’un échange de coups. Mais il est vrai que mon client a rapidement pris le dessus et que sa réaction était disproportionnée", plaide Me Thibaut Delaey, avocat de l’agresseur, qui demande une suspension probatoire. Deux ans avec sursis probatoire sont requis par le ministère public. Jugement le 12 octobre.