Dinant - Ciney

Elle est placée dans un centre d'accueil mais voudrait regagner son domicile

"Un oiseau pour le chat." Voilà comment le parquet de Namur a qualifié une jeune fille de la région d’Anhée, victime de faits de mœurs commis par une troisième personne différente de sa famille alors qu’elle n’est même pas encore majeure.

Abusée par son père biologique dès son plus jeune âge, c’est ensuite le père de son beau-père qui a profité d’elle, entre novembre 2015 et novembre 2017. Pour ces attouchements, ce dernier a été condamné il y a moins d’un an à quatre ans de prison avec sursis partiel. Un mois après sa condamnation, son fils (beau-père de la jeune fille) commettait lui aussi des faits de mœurs à son encontre. Ceux-ci se seraient produits le 18 décembre 2018 dans la cuisine de l’habitation occupée par toute la famille. "Je cuisinais avec elle. J’avais bu. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris. J’ai dégrafé son soutien-gorge et je l’ai caressée aux jambes et aux fesses. Mais il n’y a rien eu de plus. Pas de pénétration digitale", reconnaissait le prévenu lors de l’instruction d’audience le 25 septembre dernier.

Le dossier avait alors été mis en continuation afin que le prévenu passe devant l’UPPL (Unité de psychopathologie légale), passage nécessaire pour l’octroi d’éventuelles conditions probatoires dans le cadre d’un sursis.

Mais devant les experts, l’homme a tout contesté, précisant qu’il a fait des aveux sur conseil de son avocat. Ce qu’il a confirmé ce mercredi matin lors de l’audience. "Je n’ai rien fait. J’ai reconnu avoir touché ses seins et ses fesses parce que mon avocat m’a dit de dire ça." Mais son conseil, Me Duquenne, ne croit guère à son innocence et n’a d’ailleurs pas plaidé l’acquittement mais bien une peine de probation autonome avec un suivi régulier, dont une thérapie de groupe. "Lorsqu’il a été vu par l’UPPL, mon client a indiqué : "je n’ai rien fait, je ne suis plus attiré par elle". Il pourrait considérer qu’être attiré par une jeune fille est quelque chose de normal vu sa méconnaissance des interdits. A mon sens, il y a un problème de perception chez lui."

Le jugement sera rendu le 27 novembre. La jeune fille pour qui l’avenir semble sombre est quant à elle toujours placée dans un centre d’accueil. Elle souhaiterait regagner son domicile, tout comme le prévenu toujours en couple avec la maman qui a toujours fermé les yeux sur les différents faits subis par sa fille.