De nouvelles mesures vont être prises dès la reprise de la saison touristique pour rendre l’activité plus verte.

Les parcours de la descente de la Lesse resteront les mêmes que les années précédentes pour la prochaine saison touristique. "L’activité restera inchangée. Par contre, on veut avancer sur notre projet zéro déchet", explique le patron Olivier Pitance.

Pour se diriger vers une descente de la Lesse plus verte, quelques nouveautés seront d’application dès les prochains mois. "On va mettre en place un système de réduction pour les gens qui viendront avec leurs contenants pour liquides et solides. Par exemple, ceux qui viendront avec leur boîte à tartines ou leurs propres gobelets réutilisables auront une réduction. On ne sait pas encore de combien mais elle sera quand même significative", poursuit Olivier Pitance qui précise que des gobelets réutilisables seront par ailleurs en vente directement sur place.

Parallèlement à cela, la direction va anticiper la nouvelle législation sur les objets plastiques qui entrera en vigueur le 1er janvier 2021. "Les pailles, gobelets jetables, etc. seront interdits. Nous, on va déjà mettre ça en vigueur dès cette année. On doit jouer sur notre image et jouer la carte de l’environnement car on y croit. On va d’ailleurs aussi installer prochainement des bornes de recharge pour voiture électrique. Enfin nous passons au photovoltaïque à Anseremme. On sera bientôt totalement autonomes."

D’année en année, les exploitants de la Lesse font des petits pas en avant en matière d’écologie et de respect de l’environnement. L’an dernier, c’était avec l’arrivée des seaux à déchets dans les kayaks, les clips vidéo des clips vidéo de sensibilisation à l’environnement et via Clean Lesse Challenge qui permettait d’avoir, pour cinq seaux de déchets rapportés, un apéro offert. "La dernière saison a été bien plus calme au niveau des critiques. Il y a eu un changement de mentalité. Le DNF, la police et la commune ont pu se rendre compte que beaucoup de personnes extérieures fréquentaient la Lesse et que ce ne sont pas nos clients qui polluent le plus. Par contre, personne ne ramasse leurs déchets, sauf nous. Si la vallée de la Lesse est aussi belle, il y a une part de mérite qui nous revient."

La descente de la Lesse 2019 est à oublier. Si elle a bien débuté avec des températures clémentes et douces, celles-ci ont ensuite asséché le cours d’eau. C’est la deuxième saison de suite que les conditions climatiques jouent un mauvais tour à Olivier Pitance. De quoi avoir des craintes pour les années à venir ? “Je ne suis pas capable d’entrer dans le débat sur le réchauffement climatique”, précise l’intéressé. “Je me suis dit les conditions qu’on a depuis deux ans ne peuvent pas durer dix années d’affilée. On s’est diversifié il y a déjà bien longtemps avec le parcours aventure où on a refait deux nouvelles tyroliennes. Lorsque ça ne va pas d’un côté, on peut renvoyer de l’autre.”

Début janvier, Dinant Evasion, qui propose aussi des croisières sur la Meuse a mis en vente trois bateaux aux enchères sur internet dans le but de renouvelle sa flotte. Il s’agissait du “Mouche”, vieux de plus de 120 ans et capable d’accueillir plus de 200 personnes, le “Flandre III” et “Le Bayard”. “Un seul est parti. Il s’agit du Flandre III. L’acheteur vient le chercher dans dix jours. Pour les autres, je n’ai pas eu d’offres satisfaisantes. C’est un peu particulier de vendre des bateaux. Ils étaient vieux mais avaient du cachet. Après, il faut aussi tomber sur une personne qui apprécie et qui est intéressée. C’est un peu comme l’art.”

Le “Mouche” et “le Bayard” seront donc encore utilisés sur la Meuse cette saison comme ce fut le cas lors des années précédentes. Par contre, l’achat d’un bateau neuf n’est plus à l’ordre du jour à l’aube de cette nouvelle saison touristique. “Je ne sais toujours pas où on est par rapport aux quais de la Croisette donc dans ces conditions, je n’investis pas”, explique Olivier Pitance. Pour rappel, Marc de Villenfagne, administrateur de la Citadelle de Dinant qui propose également des croisières sur la Meuse, parlait en exclusivité dans nos colonnes il y a bientôt deux ans “d’attribution suspecte des pontons”. Il regrettait que sur ses quatre pontons, deux soient aux extrémités de la rive droite et les deux autres de l’autre côté, sur la rive gauche. Et que sur les dix pontons de la rive droite, sept ont été attribués à un concurrent. “Et comme dans ce dossier la commune ne se prononce pas, je ne peux pas envisager l’achat d’un nouveau bateau. Je ne compte pas les réinterpeller. Moi, je suis en ordre et j’estime qu’il n’y a pas lieu de changer quoi que ce soit.”

En attendant, les anciens seront toujours utilisés. “Mais un nouveau de 200-250 places, destiné aux réceptions et événements pour une clientèle haut de gamme, est nécessaire. C’est ma volonté car j’aime la qualité et le travail bien fait d’une part mais aussi celle des clients et je les comprends tout à fait. La clientèle quatre étoiles existe et à Dinant, on n’a rien pour les accueillir”, termine Olivier Pitance.

S.M