Une dame qui refusait de soigner son cancer aurait été étouffée par deux de ses veilleuses.

Une enquête a été ouverte par le parquet de Namur pour assassinat après le décès, en 2011 à Hastière, d'une femme qui était sous l'emprise d'un gourou connu des autorités françaises comme le responsable du groupe identitaire « Les Brigandes. » "Une instruction est effectivement en cours à charge de X pour assassinat d'une dame faisant partie de la secte", a indiqué une porte-parole du parquet de Namur, confirmant une information de l'hebdomadaire français L'Obs. "Il n'y a pas d'inculpation à ce stade. Nous ne communiquons pas davantage actuellement sur le dossier."

Le magazine français L'Obs affirme qu'en octobre 2011, une membre de "la secte de Joël LaBruyère" qui souffrait d'un cancer incurable est morte dans un cabanon isolé surnommé "la planque", à Hastière, non loin de la frontière française. Cette femme refusait de se faire soigner et aurait été étouffée par deux de ses veilleuses afin d'abréger ses souffrances. Une version que l'Obs tient d'une ancienne membre de la secte. Les faits se seraient produits quelques jours après le mariage de la victime avec un membre de la secte. La justice belge a récemment été saisie d'une plainte déposée par une des sœurs de la victime, estimant que la famille n'a jamais eu la vérité dans cette affaire. C'est ainsi qu'il y a quelques mois, en septembre 2019, un juge d'instruction a été chargé de l'enquête.

De son côté, le bourgmestre d'Hastière Claude Bultot qui était déjà en fonction à l'époque dit n'avoir jamais rien remarqué de particulier. « Quand la dame est décédée, un certificat de décès a été établi et rien ne laissait supposer de tels faits. Après le décès, le compagnon est parti sur Liège. Cette dame habitait une habitation assez isolée. Que ce soit de la part du « voisinage » ou d'ailleurs, on n'a jamais eu aucun écho sur la présence d'une éventuelle secte ou quoi que ce soit. Si ce n'est l’intervention de la sœur de la victime auprès d'un journaliste français, on n'avait jamais entendu parler de secte », explique le bourgmestre.

Joël LaBruyère est "un personnage bien connu pour l'emprise mentale qu'il peut développer sur des groupes", soulignait en 2018 à l'AFP, l'organisme gouvernemental français de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), à l'occasion d'une enquête sur son mouvement. Ce Français de 71 ans s'est notamment fait connaître comme l'auteur de chansons xénophobes pour "Les Brigandes", un "girls band" qui s'est déjà affiché au côté du cofondateur du Front national français (FN, devenu Rassemblement national), Jean-Marie Le Pen.