Perte de temps et d’argent. Voilà comment résumer l’audience correctionnelle de ce mercredi

Magistrature et avocats sont unanimes sur un point : la justice manque de moyen et tourne mal depuis plusieurs années. Ce mercredi matin, lors de l’audience correctionnelle prévue à Dinant, la seconde de juillet, on en a encore eu la parfaite illustration. Au rôle, cinq dossiers étaient fixés. Avec des soucis pour chacun d’entre eux. Malheureusement pour le monde judiciaire et surtout les justiciables, ces "couacs", appelons-les comme cela, sont fréquents.

Une avocate namuroise défendait les intérêts de la défense dans deux des cinq dossiers fixés ce mercredi. Problème : l’avocate est en vacances… Les deux dossiers ont été reportés au 7 août. Dans l’un d’eux, le prévenu faisait opposition à un jugement rendu par défaut. Il restera encore au moins 15 jours en prison en attendant de savoir si l’opposition est recevable.

Dans le troisième dossier, pour une opposition également, un avocat dinantais devait simplement déposer des pièces. Ce dernier n’était toutefois pas présent à l’audience.

La quatrième affaire impliquait un homme détenu à la prison de Jamioulx. Il avait été condamné à une peine de prison avec un sursis probatoire. Il n’a pas respecté les conditions. Il devait donc comparaître pour une révocation de sursis. A 9h30, il n’était toujours pas au palais de justice de Dinant. Le tribunal ne savait même pas s’il avait été extrait.

Dernier dossier de la matinée : celui-ci était sans aucun doute le plus important. Une jeune fille a perdu la vie à la suite d’une overdose en novembre 2018 à Dinant. Deux individus sont poursuivis pour lui avoir fourni la drogue. Ils sont détenus. Ce mercredi, seul l’un des deux avait été extrait de la prison. Pour rien, car le dossier n’a pu être pris. Il existe un problème au niveau du règlement de la procédure. Problème que personne n’a remarqué alors que le dossier était déjà venu à l’audience du 10 juillet (NdlR : Les deux détenus avaient bien été extraits) et qui avait déjà fait l’objet d’une remise. La famille, elle, avait une nouvelle fois fait le déplacement.

Une audience qui a donc tourné en eau de boudin et qui a valu un petit commentaire bien placé du président. "Ca devient pathétique. Plus rien ne fonctionne ici." On ne pouvait pas mieux résumer la situation.

Sébastien Monmart