Les bourgmestres de Dinant et Houyet, Axel Tixhon et Hélène Lebrun, ont pris un arrêté de police conjoint ce vendredi visant à réduire la mise à l'eau de kayaks. Dès ce samedi 1er août, jusqu'au 31 août, Dinant Evasion ne pourra plus mettre à l'eau qu'un maximum de 60 kayaks par tranche de 30 minutes sur la Lesse. « L’objectif est, alors que la Belgique fait face à un rebond de l’épidémie de covid-19, de réguler les flux de personnes et empêcher les rassemblements. Il s’agit d’un arrêté de type préventif, qui a fait l’objet d’une concertation entre les bourgmestres, la Zone de Police Haute-Meuse et la Zone de Police Lesse et Lhomme, et qui a été validé par le Gouverneur de la Province de Namur », précisent les bourgmestres concernés.

La société « Dinant Evasion » avait elle-même pris des mesures au début du déconfinement, dans lesquelles elle se contraignait de mettre à l’eau un maximum de 120 embarcations par heure. Les comptages et constats réalisés ces derniers jours ont démontré que la mesure n’était plus respectée avec des rassemblements de personnes. « Il arrivait ces derniers jours de mettre près de 2.000 kayaks à l'eau par jour. Avec 120 kayaks en une heure, on peut en lâcher 120 sur un quart d'heure... Ici, avec 60 par demi-heure, cela devrait favoriser les écarts entre les groupes », détaille Axel Tixhon. "Les policiers pourront également contrôler plus facilement si cette mesure est respectée ou non.»

La Descente de la Lesse sur le petit tronçon, entre Gendron (Houyet) et Anseremme, est par ailleurs fermée depuis ce vendredi à la navigation des kayaks. Le niveau de l'eau et son débit étant trop bas pour la pratique de l'activité.

Du coté d’Olivier Pitance, gérant de Dinant Evasion, c’est la stupéfaction. « Cet arrêté est illégal, stupide et sans objet. On a rendu le port du masque obligatoire partout, on a sept personnes qui contrôlent le respect des mesures et la police passe cinq fois par jour. J’imagine qu’Axel Tixhon a vu trois photos sur Facebook et s’est imaginé qu’il y avait des rassemblements et a pris cet arrêté, sans la moindre concertation. » Olivier Pitance ne compte pas en rester là et compte contester cet arrêté de police. « Il y a des arguments pour dire que c’est illégal. Il y a déjà eu un cas similaire il y a un mois et le juge nous a donné raison. »