Victime de coups, une Hastièroise a fait appel à sa famille et ses amis pour se faire justice.

Quatre gars de Courcelles ont mené une expédition punitive chez la sœur de l’un d’eux, dans un camping résidentiel d’Hastière en mai 2015. Des peines de 18, 30, 37 et 40 mois ont été requises à leur encontre, quatre ans contre la sœur.

Victime d’un pneumothorax à la suite d’une altercation avec certains de ses voisins cinq jours plus tôt, cette dernière (Annabelle) a voulu se faire justice. "Elle a inventé un tas de choses et monté un scénario en épingle pour que des membres de sa famille interviennent", a indiqué la partie civile. Comme l’a confirmé son frère Christophe ce mercredi matin. "Elle a dit qu’ils avaient tenté d’empoisonner son chien et qu’ils avaient tenté d’incendier le chalet de mon père. Il y a eu l’agression cinq jours plus tôt. Tous les jours elle me sonnait. Je ne savais plus quoi faire. Ce jour-là, j’ai pris mon fils avec moi et on est parti. Avec son fils Jonathan armé d’une batte de base-ball, ils ont fait une première halte dans la famille pour embarquer Joris avec eux. Ils ont fait une seconde halte Place des Trieux à Courcelles pour acheter de l’alcool. Et pour embarquer un quatrième individu, Elie.

Arrivés à Hastière, les quatre individus sont entrés de force dans le chalet d’un des voisins impliqués dans les faits de coups survenus cinq jours plus tôt. Jonathan avec sa batte de base-ball, Joris avec un pistolet d’alarme et Christophe avec une barre de fer ramassée sur place.

Avec ces armes, ils ont frappé sur tout ce qui se trouvait sur leur chemin. y compris les cinq personnes qui se trouvaient à l’intérieur : trois hommes et deux femmes. L’un d’eux recevra un coup de crosse de fusil au niveau du crâne avant de recevoir un coup de barre de fer un peu plus tard. Victime d’une fracture du crâne, il s’en est fallu de peu pour que celui-ci ne perde la vie. Il souffre néanmoins toujours d’une incapacité permanente. On parle de céphalées et de migraines récurrentes. Les quatre autres victimes s’étaient quant à elles réfugiées dans une chambre. Jonathan les attaquait avec sa batte de base-ball. "Tous présentaient des blessures au visage, au thorax, au crâne ou encore aux avant-bras", a indiqué le parquet de Namur. Jonathan ne s’est en effet arrêté que lorsque son physique l’a trahi. "J’ai tapé tant que j’ai pu, c’est mon souffle qui m’a contraint à arrêter", avait-il déclaré dans l’une de ses auditions.

"Je vous aime"

Pendant ce temps, l’instigatrice de cette expédition punitive Annabelle cachait les plaques d’immatriculation du véhicule avec lequel sa famille et ses amis étaient venus. "Pendant les faits, elle dansait. Quand ils sont partis, elle leur a dit : je vous aime", a précisé la partie civile.

Sur place, les policiers qui sont intervenus ont constaté une véritable scène de guerre. "La VW Golf du propriétaire du chalet était dégradée. Il y avait des impacts sur le pare-brise et les vitres étaient cassées. La porte d’entrée du chalet était défoncée, des débris de bois jonchaient le sol. La télé, le micro-ondes, les vitrages des meubles ou encore des cadres étaient brisés." Le jugement sera rendu en janvier.

S.M