Certains patients que nous avons rencontrés dans une pharmacie cinacienne étaient particulièrement inquiets. "Mon vaccin contre la grippe, quand puis-je l’avoir ?", demandait ainsi un client. La moue du pharmacien en disait long. La raison est simple, c’est la pénurie partout dans le pays. La demande est mondiale. Il est difficile pour la Belgique de recevoir en priorité la totalité des différents vaccins commandés depuis bientôt dix mois. "Comme chaque année, on a dû commander nos vaccins à la fin du mois de janvier. Cette fois, la crise sanitaire n’a rien arrangé au niveau des délais de livraison. Nos fournisseurs nous ont déjà livré une partie, mais on est déjà en rupture de stock. On manque donc de vaccins contre la grippe, contre le pneumocoque et d’autres vaccins pour les enfants. J’estime que nous avons encore 70 % de vaccins à fournir à nos patients. On les attend", confie ce gérant. Un chiffre assez interpellant.

La situation semble être la même partout dans le pays. Mais y a-t-il vraiment de quoi paniquer ? Pas encore. Nous sommes toujours dans ce qui est appelé la "phase 1" dans cette gestion. Elle se termine en principe le 15 novembre. "Non, ce n’est pas la catastrophe. Que les gens se rassurent… La plupart des pharmacies ont déjà pu écouler des vaccins à destination des personnes les plus à risques. C’est ce qui est préconisé dans cette phase 1 et c’est le plus important. Rassurons tout le monde, les stocks seront bientôt réapprovisionnés dans le pays. Notre Province devrait donc recevoir quelques doses en plus d’ici 2-3 bonnes semaines. Ceux qui ont toujours peur doivent savoir que l’on peut encore se faire vacciner contre la grippe en décembre. Ça nous laisse encore une certaine marge. Notre espoir, c’est que la grippe pourrait être moins forte cette saison. C’est ce que l’on a constaté dans l’hémisphère sud", confie Marie-Françoise Barbay, qui représente la profession au sein de l’Union Royale Pharmaceutique de la Province de Namur (URPPN). Elle termine en demandant aux citoyens qui ne sont pas à risque d’essayer de ne pas se faire vacciner. Priorité aux personnes les plus fragiles.

L.Tr