Yolande Béchet fait partie des rares femmes qui exercent comme pompier au sein de la zone Dinaphi. Une fonction, ou plutôt une passion, qu’elle a commencée il y a une quinzaine d’années au service de la population. "J’ai directement été bien acceptée à la caserne de Philippeville. Il y avait déjà une femme avant moi. Ils étaient déjà très ouverts", explique Yolande, 51 ans.

Factrice de profession, elle n’était pourtant pas vouée à une carrière de secouriste. "Mais j’ai toujours travaillé comme un garçon. Je suis une fille de ferme." Depuis qu’elle s’est engagée, la secouriste preste entre trois et quatre gardes "ambulance" par mois. "À raison de 12h par garde, à la caserne. Pour les gardes "pompier", ça varie en fonction de mes disponibilités."

Ses missions sont variées. Parfois marquantes. "Il faut savoir mettre ses émotions de côté. J’ai un jour été prise dans une explosion de bonbonne de gaz avec un collègue. Il a fallu évacuer rapidement cela. Quand on intervient sur un incendie de maison et qu’une famille a tout perdu, on ne trouve pas toujours les mots."

Son statut de femme lui permet, dans certains cas, de tisser plus facilement un lien de confiance avec la personne à prendre en charge. "Lorsqu’on doit intervenir auprès de femmes qui ont des problèmes avec leur mari, c’est parfois plus facile pour communiquer. En cas d’accident qui nécessite la prise en charge d’un enfant, celui-ci viendra plus facilement vers nous."

Femme de caractère, Yolande Béchet veut être traitée de la même manière que ses homologues masculins. "Ils savent que je ne veux pas entendre : "attends, un homme va le faire", termine la volontaire.

S.M