Namur Les éclusiers doivent pouvoir gérer différentes situations délicates

Les éclusiers ne sont pas des secouristes. Ils n’ont d’ailleurs pas reçu de formation à cet égard. Ils doivent néanmoins pouvoir gérer bon nombre de situations délicates depuis leur poste où ils ont une vision à 180° sur la Meuse. Raison pour laquelle l’attention est primordiale.

"On voit tout, avec toutefois un point noir juste en bas du poste. Le risque est qu’on ne voit pas les petits bateaux. Il est déjà arrivé qu’on ferme une porte alors que le bateau n’était pas entièrement passé", explique Alain Pascal.

D’autres accidents peuvent également survenir. Notamment lorsqu’un bateau amarre dans l’écluse. "Quand on lâche l’eau, on ne sait pas faire stop ! Si le batelier ne suit pas au niveau de la corde, le bateau peut se retrouver pendu." Des cordes qui peuvent être à l’origine d’autres accidents. "Comme les brûlures aux mains car les gens ne portent pas de gants. Dernièrement, une dame a perdu plusieurs morceaux de doigts. Son bateau avait un problème au moteur. Elle l’a amarré mais son mari a redémarré. Elle a eu les doigts ciselés."

Les éclusiers doivent également être attentifs aux usagers inconscients. "C’était en plein hiver avec un débit important. Un kayakiste n’a pu remonter le courant. Il s’est accroché au "Navistop" (câble placé à plusieurs dizaines de mètres des barrages qui peut arrêter un bateau de 1.350t lancé à 12,6km/h), le temps que les pompiers arrivent", se souvient Alain Pascal.

Enfin, il y a les cas de noyade, souvent liés à des tentatives de suicide. "On les repère souvent grâce à nos jumelles. Ces personnes font des allers-retours sur le pont et sont en pleurs. Il m’est déjà arrivé d’aller parler avec l’une d’elles. On a par ailleurs déjà sauvé une dame qui s’était jetée à l’eau. Elle avait une minerve qui l’a fait flotter et on lui a jeté la bouée car elle n’a pas été aspirée."

S.M