Namur Ecolo a rencontré la presse un an après les élections. Les oreilles du bourgmestre ont sifflé.

C’était une promesse faite par Ecolo lors de la campagne électorale : chaque année, le groupe organiserait une conférence de presse pour rendre compte de son travail et de celui de la majorité. Promesse tenue pour cette année 2019, avec quelques dossiers épineux sur la table. Et un leitmotiv : "Trop souvent, les socialistes assènent qu’ils ont la majorité et qu’ils savent donc ce qui est bon pour la population. " Un avis que ne partagent pas les verts sambrevillois, notamment en matière de mobilité. Ils pointent, exemples à l’appui, une absence de concertation d’autant plus grave que le PS avait évoqué, en cours de campagne électorale, la démocratie participative.

Autre dossier qui irrite Ecolo, la répartition des subsides aux clubs sportifs. " On se pose la question de la pertinence des choix. On ne voit aucune réflexion globale sur l’importance du sport pour tous et toutes ", indique Marie Masia. "La majorité avait promis la mise en place d’une commission sportive garante de l’équité de la distribution des subsides et qui devait définir les besoins de chaque club mais c’est le contraire qui se passe : là où certains reçoivent des milliers d’euros, de petits clubs obligés de réaliser certains travaux ne reçoivent que des avances récupérables."

Bonne gouvernance et conflits d’intérêts sont également évoqués. Pour Stéphanie Rota, il est évident que nombre d’élus agissent dans le respect des règles mais certains se laissent happer par la tentation de privilégier des proches lors d’engagements ou d’attributions de marchés, comme on a pu le constater à Sambr’habitat, au syndicat d’initiative ou à l’Agence pour le développement local.

Jean-Luc Révelard demande de son côté pourquoi Sambreville n’est toujours pas dotée d’un plan stratégique transversal (PST). "Voilà un an que le nouveau collège est en place et nous n’avons toujours pas connaissance du PST qui doit traduire les choix d’objectifs opérationnels, les projets d’actions et les liens humains et financiers." Pour le chef de file Ecolo, ça veut dire que les échevins naviguent sans réelle maîtrise de leurs attributions. "Je dirais par ailleurs que nous ne sentons pas une réelle vision concrète du collège pour l’avenir de notre commune."

Claudio Pescarolo, un des coprésidents, ajoutera : "Publier des selfies sur les réseaux sociaux, c’est une chose. Connaître ses dossiers et les défendre nous semble bien plus important !"

Prendre la question climatique en compte

En 2012, Sambreville adhérait à la Convention des Maires et prenait l’engagement de 3 fois 20 % de moins de gaz à effet de serre pour 2020. 

À quelques semaines de l’échéance, Jean-Luc Révelard s’inquiète de savoir si la Ville a tenu ses engagements. "Poser la question, c’est y répondre. Évidemment que non ! Lors du dernier conseil communal, la réponse de l’échevin Olivier Bordon n’en était pas une. À part entamer le changement des ampoules de l’éclairage public vers du LED, la majorité n’a rien fait."

Pourtant , des mesures sont possibles, estime Écolo-Sambreville. "Lors de la dernière campagne électorale, nous avions notamment proposé la création d’un réseau écologique avec les acteurs locaux désireux de s’impliquer dans l’amélioration de leur cadre de vie. Nous parlions aussi de développer un permis de végétaliser permettant aux citoyens de multiplier les zones de biodiversité comme les haies, bandes fleuries, arbres fruitiers."

D’autres propositions sont mises sur la table par les verts telles que la cartographie des espaces verts, l’utilisation systématique de gobelets réutilisables lors d’événements organisés par la commune, l’établissement d’un cadastre du bruit dont on tiendrait compte dans l’attribution des permis d’environnement et d’urbanisme, dans la gestion des voiries. Enfin, la mise sur pied d’un cadastre communal relatif à l’isolation des logements publics et privés et la mise en place d’incitants pour modifier les types de chauffage sont également abordables et faisables, conclut Écolo.

Le centre de Tamines laissé à l'abandon

Via le concept "Créashop", la Région wallonne souhaite favoriser la création de nouveaux commerces de qualité, novateurs, interactifs et incluant les circuits courts. Le centre de Tamines a été retenu en son temps pour implémenter ce programme. "Mais c’est un échec parce que mis en place par la Ville sans objectif précis et sans échéances d’évaluation et de réajustement des objectifs et des moyens", estime Cécile Op de Beek.

De plus, l’association des commerçants, qui souhaitait être un relais de consultation sur les décisions prises par l’administration, vient de se dissoudre. "Il existe un manque de volonté à envisager des mesures-tests dans la circulation et le stationnement dans le centre de Tamines. Il y a donc peu d’engagement réel ni de stratégie de l’administration communale à redynamiser ces lieux", indiquent les membres démissionnaires.

Écolo évoque également le site SAMERA, vide depuis des années, qui pourrait devenir une zone attribuée, entre autres, aux producteurs locaux et qui pourrait être le point de départ d’un redéploiement commercial dans les rues de la Station et Roi Albert.

Les verts de Sambreville dénoncent le manque flagrant du collège pour cette zone et citent à titre d’exemple la saleté endémique régnant dans le quartier et le dépérissement du marché hebdomadaire du vendredi matin sur la place saint Martin. "Pourquoi ne pas créer une ‘maternité commerciale’ permettant de développer des projets commerciaux locaux sans oublier, bien évidemment, de repenser le parking ?" interroge Cécile Op de Beek.