Elle accuse son mari de viol. Elle lui aurait mordu le sexe alors qu’il le lui mettait en bouche.

Devant le tribunal correctionnel de Namur ce lundi, Serge (prénom d’emprunt), devait répondre de 3 préventions : coups et blessures ayant entraîné une incapacité, viol et abandon de famille. Les scènes de coups et le viol ont eu lieu sur son épouse, qui était enceinte de leur cinquième enfant au moment des faits.

Le prévenu reconnaît les coups portés, mais évoque une fin de relation difficile. Ces coups étaient parfois donnés devant les enfants, qui tentaient de s’interposer. Le père de famille a même mordu l’un d’eux. Ils sont aujourd’hui marqués à vie et ne veulent plus rencontrer leur père. Concernant l’abandon de famille et le non-versement des pensions alimentaires, le prévenu évoque une confusion administrative. Il précise que les sommes dues ont aujourd’hui été payées.

Puis vient la prévention de viol, que le prévenu nie : en juillet 2013, son épouse était enceinte de leur cinquième enfant quand il a voulu entretenir une relation sexuelle avec celle-ci. Devant son refus, il l’aurait immobilisée en la tenant par les cheveux et lui aurait introduit son sexe dans la bouche, avant d’être mordu et d’étouffer les cris de sa femme avec un oreiller. La victime en veut pour preuve sa robe de nuit tachée de sang.

Le couple a divorcé en 2015 et le prévenu est aujourd’hui marié avec la meilleure amie de sa femme, avec qui il la trompait à l’époque

L’avocate de la partie civile évoque le traumatisme de sa cliente. "Elle était incapable de se présenter aujourd’hui devant le tribunal, relire le dossier la met dans un état de stress épouvantable." L’avocate regrette par ailleurs qu’aucune expertise du pénis mordu n’ait été réalisée par les verbalisants afin de pouvoir clairement établir la prévention de viol. Elle réclame 15.000 euros pour 6 scènes de coups ayant entraîné une incapacité et 6.500 euros pour 5 scènes de coups n’en ayant pas entraîné. "Il y a sans doute eu 10 fois plus de scènes de coups que celles qui figurent au dossier. Ma cliente était sous l’emprise permanente de son conjoint, elle ne pouvait pas sortir, ni travailler ou suivre de formation, il était d’une violence permanente." Pour l’abandon de famille, 3.000 euros sont réclamés, alors que 10.000 euros le sont pour le viol.

Le parquet de Namur réclame une peine de probation autonome de 2 ans à l’égard du prévenu ou une peine subsidiaire de 10 mois d’emprisonnement.

L’avocate de l’ex-mari demande la suspension du prononcé de la condamnation pour les scènes de coups. Elle demande l’acquittement au bénéfice du doute pour les préventions d’abandon de famille et de viol. Jugement le 30 mars.