La cour d’assises de Namur a poursuivi lundi le procès de Xavier Van Dam, accusé de séquestration, viol, et assassinat sur Wivinne Marion, le 1er novembre 2018 à Namur. Les enquêteurs ont présenté leur travail

Ceux-ci ont commencé leur exposé par la retransmission de l’appel d’un agriculteur qui, peu avant 9h, à Boninne, a surpris l’accusé, Xavier Van Dam, en train de donner des coups et d’étrangler une femme avant de la charger dans le coffre de sa voiture, une Renault Laguna bleue qu’il précipitera dans la Sambre au bord du hallage à Flawinne. Van Dam est interpellé sur place, couvert de sang.

Quelques heures plus tard, la voiture est sortie de l’eau. Le corps de Wivinne Marion y est retrouvé. La victime est positionnée en chien de fusil, son corps est dissimulé, notamment, sous un drapeau belge. En tenue de jogging, son legging et sa culotte sont sur ses chevilles. Le visage de Wivinne Marion est tuméfié.

De l’autopsie du corps de Wivinne Marion, il ressort que celle-ci présentait d’importantes blessures au visage et des indices de strangulation. Une absence d’eau dans la cavité buccale et dans l’estomac est relevée, ce qui prouve que la Namuroise était décédée au moment où la voiture a été immergée. Aucune lésion de défense n’ont été relevées.

Le 2 novembre, Van Dam est auditionné par la juge d’instruction Burton. Celui-ci réaffirme alors qu’il n’a plus de souvenirs à partir du 1er novembre à 5h du matin, heure à laquelle il quitte une soirée qui se déroulait à Meux. Il affirme s’être ensuite réveillé sur un parking à Onoz, 5 heures plus tard. « Je voulais que cela soit un mauvais rêve et que cela s’efface. Mais il y avait quelqu’un dans le coffre. ». Quand le juge d’instruction lui demande si il a poussé la voiture dans l’eau, il répond : « Elle n’a pas disparu toute seule ». Van Dam est ensuite inculpé pour homicide volontaire avec préméditation, détention arbitraire d’un particulier et tentative de viol. Cette dernière qualification évoluera en viol avec la découverte de l’ADN de l’accusé dans l’intimité de la victime. L’accusé est alors placé sous mandat d’arrêt.

Sur l’iphone de Wivinne Marion, retrouvé par un passant chemin des Tombes à Boninne, à proximité de l’endroit où l’agriculteur a observé Van Dam en train d’agresser la victime, l’application de running relève que la course de la Namuroise s’est arrêtée brusquement à cet endroit à 8h46.

De la téléphonie de Van Dam, il ressort que malgré le fait que celui-ci dise ne se souvenir de rien à partir de 5h, il a pourtant été en contact par message avec plusieurs personnes. Son téléphone a activé plusieurs antennes après 5h 40 du matin. Vers 5h49, il active des pylônes au niveau de Gembloux, se rend ensuite à Bois-de-Villers, essaie de contacter un ami vers 6h du matin, se rend à Bouge vers 6h45. Entre 7h15 et 7h40, Van Dam consulte ensuite de la pornographie en ligne.

De l’enquête caméras, il ressort qu’à 7h14, Van Dam est à la station Qu8 de Malonne. Il est ensuite observé entre 7h30 et 8h au bar à Champagne La Libertine à Lives-Sur-Meuse, où il aura une relation tarifée avec une hôtesse. Les caméras repèrent ensuite Van Dam chaussée de Louvain, où il croise le chemin de Wivinne Marion, qui a commencé son jogging quelques minutes plus tôt. Van Dam effectue ensuite des allers-retours, visiblement afin de recroiser le chemin de la joggeuse.

Des témoignages recueillis dans la station-service et dans le bar à champagne où s’est rendu l’accusé, il ressort que Van Dam n’était pas en état d’ivresse.