Namur Elève de Magritte, inspirée par Andy Warhol, cette actrice puis artiste figure emblématique du pop art et du féminisme est décédée tragiquement dans un accident de voiture à 37 ans

Ce n’est pas la première fois que l’artiste Evelyne Axell est au centre d’une exposition de la Maison de la Culture. Aujourd’hui devenue Le Delta, elle propose un événement inédit autour de cette artiste namuroise dont on ne s’est rendu compte de la portée internationale qu’après son décès prématuré. Et qui mérite d’être cité parmi les illustres figures namuroises au même titre de Félicien Rops ou Henri Michaux.

De son vrai nom Evelyne Devaux, Evelyne Axell est née le 16 août 1935 à Namur. Descendante des plus anciennes familles du pays par son arrière-grand-mère, Evelyne est plongée dès sa naissance dans un milieu bourgeois qui l’enthousiasme peu.

Son père, André Devaux, tient l’orfèvrerie Maison Boland, située rue de Fer, face à l’hôtel de ville de Namur. Sa mère, Mariette Godu, est née dans une famille très modeste de bateliers namurois. Evelyne passe une grande partie de son enfance à Wépion, ce qui lui sauve la vie, le 18 août 1944, lorsque les Américains bombardent par erreur Namur, détruisant sa maison natale, aujourd’hui remplacée par la Galerie Saint-Joseph. De cette enfance à Wépion, la beauté de la nature la marquera à tout jamais ainsi que ses œuvres.

Evelyne étudie la céramique à l’Académie des beaux-arts de Namur, puis l’art dramatique au conservatoire de Bruxelles. Elle devient comédienne et speakerine, rencontre le réalisateur Jean Antoine qu’elle épouse en 1956.

En 1957, elle est l’une des premières femmes belges à accoucher sans douleur de son fils Philippe, avec l’aide du docteur namurois Willy Peers, grand défenseur de la cause féministe.

Le machisme de la télévision de l’époque la déçoit, surtout à Paris. Elle se découvre une autre voie : depuis son enfance, Evelyne ne cesse de dessiner. René Magritte la prend sous son aile. Une chance. Mais avant d’exposer ses œuvres, elle décide de cacher son prénom Evelyne en signant simplement Axell, afin de ne pas révéler son genre.

À Londres, elle découvre le pop art qu’elle adopte. C’est l’époque des luttes pour les droits des femmes, la liberté d’expression et la révolution sexuelle. Elle embrasse ces combats par ses tableaux où la sensualité et la sexualité féminine sont franchement affirmées

Mais ce n’est que 30 ans après sa mort qu’elle est reconnue comme l’une des principales figures du Pop Art. Depuis, ses œuvres sont régulièrement exposées dans le monde entier et font partie des collections de prestigieux musées. Namur lui a décidé une fresque et aujourd’hui une superbe expo.

M.V.