Le 28 avril dernier devant le tribunal correctionnel de Namur, le conseil d’un ancien ouvrier de la Fonderie et Mécanique de la Sambre SA réclamait 208.000 euros dans le cadre d’un dossier d’intérêts civils.

La victime souffre en effet de lésions corporelles et d’une alvéolite allergique extrinsèque liées à l’exposition à des produits toxiques comme le phénol, le kérosène, le silice ou le méthane, contractées dans le cadre de son activité professionnelle entre 2000 et 2016. La maladie porte atteinte à ses capacités pulmonaires et l’ouvrier souffre d’une incapacité permanente de 35 % et d’une incapacité de travail de 88 %. Il figure aujourd’hui sur une liste de personnes candidates à la transplantation.

Si la Fonderie et Mécanique de la Sambre SA a été condamnée au pénal en mars 2016 pour des infractions à la réglementation sur la sécurité au travail et pour coups et blessures involontaires par défaut de précaution et de prévoyance, c’est sur les intérêts civils que les débats ont portés fin avril

Me de Fauconval, pour la partie civile, réclamait une somme de 208.000 euros à la société basée à Jemeppe-sur-Sambre. Si la Fonderie et Mécanique de la Sambre SA a versé en février dernier une provision de 100.000 euros à son ancien ouvrier et ne conteste pas les réclamations civiles qu’elle “ne veut en aucun cas retarder”, elle mettait en avant lors de l'audience le fait que le frère de la victime a contracté la même maladie, à savoir une allergie, en travaillant dans des circonstances identiques et estime qu’un facteur héréditaire ou de prédisposition a pu jouer dans le déclenchement de celle-ci.

Le conseil du prévenu répliquait: “La maladie de mon client est directement liée à l’exposition prolongée à des produits toxiques. Le facteur héréditaire est totalement extérieur au dossier et la loi précise que même en cas de prédisposition, indemnisation doit être intégrale.

Dans son jugement rendu ce mercredi, le tribunal estime que même si un facteur héréditaire était entré en ligne de compte, il n’écartait pas l’obligation de réparation de la société envers son employé.