Le 28 mai devant le tribunal correctionnel, le curateur d’une société faillie réclamait le remboursement de 76.000 euros au gérant de cette dernière, accusé d’abus de biens sociaux et de faux. Le parquet lui-même constatait cependant le dépassement du délai raisonnable dans le dossier et ne s’opposait pas à la suspension simple du prononcé de la condamnation.

Les faits ont eu lieu entre 2012 et début 2014. C’est un employé qui a dénoncé le patron de cette société basée à Fleurus et active dans le bobinage et l’usinage qui a laissé derrière elle un passif d’1 million 200.000 euros.

Le curateur relèvait l’existence d’une fausse note d’avoir pour un montant de 50.000 euros, mais aussi des frais non justifiés pour un montant de 26.720 euros. « Il y a, par exemple, du mazout de chauffage pour une somme de près de 6000 euros en 14 mois. Mais aussi des frais de restaurant pour un montant de 18.322 euros en 21 mois, soit 872 euros par mois. Certaines notes dépassent les 1000 euros et ont été rédigées des week-ends ou des jours fériés ou en soirée après 23h, parfois même en France. C’est surprenant. Tout comme le fait de payer des frais d’avocat pour un litige privé avec le compte de la société. C’est d’autant plus choquant qu’au moment où il faisait ces gueuletons avec l’argent de l’entreprise, celle-ci était en procédure de réorganisation judiciaire et les employés n’étaient plus payés. »

Le tribunal correctionnel de Namur a accordé vendredi la suspension simple du prononcé de la condamnation au prévenu, les préventions ont été déclarées établies.