L'auditorat du travail réclamait en juin dernier une peine de prison d'un an à l'encontre d'une prostituée namuroise. Lorsque le CPAS de la ville  de Namur s'est rendu compte en 2016 que le loyer de son appartement était plus élevé que le montant du revenu d'intégration sociale qu'elle percevait, des investigations ont débuté. La prévenue a alors fourni de faux relevés bancaires et un faux contrat de bail. Une prévention d'insulte à agent lui est également reprochée : interpellée dans son appartement, la prostituée s'est montrée insultante envers l'agent qui l'entendait et tout particulièrement envers... la forme de ses oreilles.

L'auditeur du travail, Jérôme Deumer, réclamait une peine d'un an de prison et la restitution des allocations indûment perçues, à savoir près de 14.000 euros. "Les revenus provenant de son activité de prostitution étaient cachés mais celle-ci a pu être objectivée via le site de rencontres Quartier Rouge. Elle ne pouvait donc pas prétendre au RIS qu'elle percevait et aurait dû déclarer son activité et les revenus engrangés dans le cadre de la prostitution. En agissant de la sorte, elle met en péril le mécanisme de solidarité, qui est un filet de sécurité pour les personnes sans ressource."

Le tribunal a rendu son jugement ce mercredi. La prévenue est condamnée à une peine de prison de 6 mois assortie d'un sursis de 3 ans. Elle devra restituer les 14.000 euros, majorés des intérêts.