Namur La commune réclame 12.500 € de taxes par an. De quoi mettre en péril l’activité

Les responsables de la SCRL Allons en Vent, une coopérative constituée en 2001 et qui regroupe 950 coopérateurs, dont 65 % d’enfants, sont furieux. Depuis 2006, elle gère l’Éolienne des Enfants à Finnevaux, financée grâce aux parts offertes par des parents, grands-parents, tantes, oncles, marraines et parrains à des enfants.

Cette initiative pourtant citoyenne n’échappe pas à la règle et est taxée par la commune. Ils ont reçu la note voici quelques jours et celle-ci est salée : 12.500€. Limite, quand on sait que la revente de l’électricité produite par cette éolienne au réseau atteint difficilement les 13.000 euros.

"La coopérative Allons en Vent risque de fermer ses portes à terme si rien ne bouge. Ses 950 coopérateurs, ainsi que leurs marraines et parrains qui leur avaient offert une part de la coopérative, se sentent floués. La commune réclame une taxe égale au taux maximal d’imposition prévu pour des éoliennes qui produisent 5 fois plus", regrette le président du conseil d’administration Lionel Van Rillaer.

En 2015, la commune de Houyet avait déjà réclamé le même montant à cette coopérative. En deux ans, 25.000 € ont donc été réclamés à la société augmentant ainsi les coûts opérationnels de 40 %. Les responsables de la coopérative s’insurgent d’autant plus que le ministre de tutelle, Paul Furlan (PS), avait reconnu le problème et invitait les communes, dans sa circulaire budgétaire 2016, à prévoir des taux inférieurs aux montants recommandés pour les éoliennes de faible puissance à vocation citoyenne ou éducative. "Il appelait encore en décembre dernier le conseil communal de Houyet (majorité PS-CDH) à modifier son règlement taxe. Sourd à cet appel, insensible aux conséquences désastreuses de son choix, le collège communal de Houyet persiste dans sa rage taxatoire sur l’Éolienne des Enfants."

En 2015 déjà , les coopérateurs ont introduit une procédure de contestation devant le tribunal civil de Dinant. Ils pourraient à nouveau pratiquer de la sorte. Le hic est que les premières plaidoiries ne sont prévues qu’en 2019. Du côté de la commune, vu la procédure judiciaire en cours, on ne discute plus. Et on attend.

S.M