Coups, dégradation de véhicule, glu dans la serrure, violation de domicile, harcèlement, peinture sur la façade, vol de courrier : il ne parvenait pas à tourner la page.

David (prénom d’emprunt) a connu une relation très tumultueuse avec son ex-compagne pendant plus de 2 ans et demi. Alcoolique depuis l’âge de 15 ans, il était aussi très jaloux et n’a jamais supporté la séparation.

C’est une prévention d’incendie volontaire qui l’amenait le 4 juin devant une chambre à 3 juges. Le 2 janvier 2018 à Namur, lui et sa compagne avaient passé la soirée ensemble. Ils ont bu et se sont disputés. Il aurait selon elle tenté de mettre le feu à son habitation, aux volets en particulier. Il s’en défend. « On avait passé la soirée ensemble. On s’est disputés et elle m’a mis dehors. J’insistais alors elle a baissé le volet qui est venu se poser sur des bougies que nous avions disposé pour créer une ambiance. »

Si le drame a été évité ce soir-là, la liste des faits reprochés au prévenu entre juillet 2016 et janvier 2019 est longue et ...variée. Outre le fait d’avoir levé la main sur sa victime en rue, on lui reproche aussi d’avoir crevé 3 de ses pneus, d’avoir mis de la glu dans sa serrure à 5 reprises, d’avoir lancé un pot de peinture sur sa façade, d’avoir brisé la vitre de sa porte d’entrée, de s’être introduit chez elle, d’avoir volé son courrier. Ceci, en plus du harcèlement téléphonique et par sms.

Il confiait : « On ne se tirait pas vers le haut mutuellement, nous buvions tous les deux beaucoup. La relation était toxique mais j’étais très amoureux. Quand j’avais de l’argent elle était d’une gentillesse exceptionnelle puis cela s’est dégradé. »

L’avocat de la partie civile évoquait une relation passionnelle, la grande fragilité de sa cliente et leur instabilité à tous les deux. « Aujourd’hui, elle ne se sent toujours pas en sécurité, elle a peur des gens et n’ose plus sortir, souffre d’insomnies. Son incapacité permanente suite à ces faits est évaluée à 15%. Je demande une expertise médico-psychiatrique afin d’objectiver ce dommage et 2000 euros à titre provisionnel. »

Le tribunal a rendu son jugement ce jeudi. La prévention d'incendie volontaire n'est pas établie, au contraire des autres. David est condamné à une peine de travail de 120 heures et devra verser un euro à titre provisionnel à la partie civile, dont le dommage devra être objectivé par une expertise.