La restauration des 50.000 mètres carrés de murailles a démarré en 2011, subsidiée à 95% par la région wallonne

La restauration de la Citadelle se poursuit, année après année. Cette fois, il s'agit du chantier des murailles du fossé de Médiane, situé entre la parfumerie Guy Delforge et Terra Nova. Il sera terminé courant février 2020, selon l'échevine de la Citadelle Anne Barzin. Le chantier, qui concerne plus de 4.000 mètres carrés sur les 50.000 mètres carrés de murailles que compte la "termitière de l'Erope", entre dans sa dernière phase.

En 2010, sous l'impulsion d'Arnaud Gavroy, une fiche d’état sanitaire des murailles de la Citadelle a été réalisé: un diagnostic de l’état de santé des fortifications qui a permis d’établir les pathologies du monument ainsi qu’un planning d’intervention en priorisant les zones les plus urgentes ou les plus à risque. Ce diagnostic a permis de mettre en avant les problèmes qui participaient à la dégradation des murs et d’établir un cahier ce charge des travaux de restauration bien adapté à la situation de terrain.

C'est ainsi qu'en 2011 et 2012, 5.000 mètres carrés de murailles côté Sambre ont été restaurées. En 2014 et 2015, c'était le tour du Bastion de Sambre, de deux anglées des grands fossés et de la muraille à gauche de l’entrée de Médiane. En 2016, la Rampe verte a été refaite, suivie du chantier des fossés de Médiane, encore en cours. Le tout grâce à un accord cadre où la région wallonne s'engageait à subsidier 95% de la restauration des murailles. Le chantier des murailels du fossé de Médiane a mobilisé 2.494.000 euros en tout, dont seulement 5% à charge de la ville.

© Belga/Maxime Asselberghs

Entamés il y a un peu plus d'un an, les travaux se sont essentiellement concentrés sur la face extérieure des murailles, sur une épaisseur de 30 à 60 centimètres. L'ensemble des murs a été nettoyé par micro-sablage, les pierres manquantes ont été renouvelées et les éléments endommagés restaurés en respectant leur apparence d'origine. La stabilité des murs a également été renforcée, notamment grâce à l'insertion de tiges en inox qui ancrent plus fortement les pierres d'angles.

Une attention particulière a été apportée aux infiltrations d'eau. Désormais, des goulottes en plomb récoltent les ruissellements au sommet des murs, tandis que des carottages dans les maçonneries permettent d'évacuer l'eau qui s'infiltre derrière les murailles. Le démontage de la grue qui a servi aux travaux sera terminé ce mardi. "Il nous reste maintenant à finir le rejointoyage et quelques travaux de maçonnerie", a précisé Remy Fouarge, agent technique au service Citadelle.

"En tenant compte de la météo, on peut donc estimer que le chantier sera terminé courant février, nettoyage compris." Comme par le passé, le fossé de Médiane ne devrait toutefois pas être accessible au public. "Mais on pourra l'admirer d'en bas, du pont qui le surplombe et bientôt du téléphérique, qui passera juste au-dessus", s'est réjouie Anne Barzin.

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Le Fossé de Médiane est ainsi nommé en référence à sa position sur le site, devant la zone appelée Médiane qui se trouve entre le château médiéval et Terra Nova. Cette partie de la Citadelle est bâtie au milieu du 16e siècle et témoigne de l’évolution de l’armement à cette époque. Longtemps appelé « fossé aux bombes », le fossé de Médiane a servi de « décharge » aux militaires de toutes les époques. Le fossé de Médiane a été maintes fois transformé au fil des siècles. Les hommes, le temps, les combats et les conditions météorologiques n’ont pas épargné cette partie du monument.

D’abord vide, le fossé s’est progressivement rempli de différentes constructions. Dans la partie basse se trouvait un grand bâtiment occupant tout la largeur du fossé. Voûté à l’épreuve des bombes, il sert de magasin pour stocker des vivres ou des munitions mais est également utilisé comme hôpital en cas de guerre. Des plans anciens le désignent d’ailleurs comme la « maison d’amputation », ce qui laisse imaginer comment les soldats y étaient soignés…

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Une petite cuisine avait également été installée à proximité pour nourrir les hommes logés dans l’hôpital. Dès le 17e, un point d’eau est également indiqué dans ce fossé. Cette mare naturelle est appelée la "mare du fossé du cornichon". Malgré son nom bucolique qui suscite la curiosité, il n’y avait pas de culture de cornichon ici. Cornichon est simplement un synonyme « d’ouvrage à cornes », qui désigne un mur flanqué de deux bastions. La mare contenait alors 644 pieds cubes (22 m2).

De nombreux points d’eau de la Citadelle sont en fait des points d’eau naturels qui ont été maîtrisé par l’homme. Cette mare sera maçonnée au milieu du 18e siècle pour mieux résister aux attaques. En période de siège, il est en effet particulièrement important de s’assurer un approvisionnement en eau. Ce point d’eau disparaîtra à la fin du 18e siècle, époque à laquelle la Citadelle est démilitarisée et n’est plus entretenue

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