Une nuit d’horreur. C’est ce qu’a vécu Nathalie (prénom d’emprunt) à Sambreville le 20 septembre 2019.

Jaloux, Kévin (prénom d’emprunt) a tendu un traquenard à celle qui partageait sa vie. Il a déshabillé celle-ci, l’a ligotée, bâillonnée avec du scotch et frappée à la lecture de chacun des messages de son téléphone, avant de la violer. Le prévenu reconnaît une partie des faits mais nie le viol.

Interrogé à l’audience du 22 octobre, il déclarait : "J’ai été vraiment dégueulasse pour lui faire peur. Je ne l’ai pas violée mais j’ai menacé de le faire. Je n’étais pas bien alors je n’ai plus géré, j’ai fait mal, rien ne pardonne ce que j’ai fait. J’ai souffert et je souffre encore, mais je me suis senti trahi, j’ai senti qu’on me mentait"

L’enquête de personnalité revient sur le parcours de cet enfant adopté à l’âge de 5 ans, sa vie en orphelinat mais son enfance heureuse, mais lors de laquelle il a eu du mal à s’intégrer et à trouver sa place. Puis sa déchéance dans l’alcool et la cocaïne. Une personnalité fragile et narcissique pour un prévenu qui présente un risque de récidive élevé en cas de consommation d’alcool ou de stupéfiants et qui a déjà été condamné en 2012 pour tentative de meurtre et en 2004 pour des coups ayant entraîné une incapacité sur sa précédente épouse.

L’avocate de la victime, qui a souffert d’une commotion cérébrale et d’une fracture du crâne suite aux coups reçus et a subi une incapacité entre septembre 2019 et juin 2020, réclamait une somme provisionnelle de 5000 euros sur un dommage estimé à 58000 euros

Le substitut Etienne Gaublomme requérait pour sa part une peine de 9 ans de prison à l’encontre du prévenu. "Il s’agissait d’une scène absolument terrible qui a duré trois heures et préméditée, vu qu’il avait prévu les liens. Il l’a étranglée jusqu’à ce qu’elle vomisse."

Le tribunal a rendu son jugement ce jeudi. Le prévenu est condamné à une peine de prison de 7 ans. Au civil, la victime recevra 5000 euros à titre provisionnel.