L'inauguration aura lieu ce samedi 5 septembre à 11h: la sculpture née de l’Arbre de la Liberté, planté en 1975 pour commémorer la Libération des Camps en 1945, est installée au Parc d’Epinal.Dans ce cadre, deux expositions sont organisées conjointement à l’Hôtel de Ville et dans les caves du Château du Bailli.

En 1975, sous le mandat du Bourgmestre Albert Philippin, un chêne rouge d’Amérique est planté à proximité du Château du Bailli afin de commémorer la Libération des camps. L’arbre est choisi par Monsieur Charles Defrêcheux, professeur à l’Institut Horticole mais surtout prisonnier politique et rescapé des camps de concentration. Cet arbre devient rapidement un symbole fort, devant lequel, chaque année, se déroulent les Commémorations du 8 mai.

Au moment de la construction du nouvel Hôtel de Ville, il a malheureusement fallu l’abattre. L’émoi important, notamment auprès des anciens combattants gembloutois, n’a pu échapper à personne. Il a donc été décidé, par les autorités de la Ville, de conserver le tronc de l’arbre, sans savoir encore précisément quelle serait sa destinée future.

Lors du Salon d’Ensemble des artistes gembloutois de 2013, le travail du sculpteur, Jacques Lefebvre a été largement remarqué, tant par le public que par la Ville qui l’a d’ailleurs récompensé. Mieux encore : le Bourgmestre Benoît Dispa lui a proposé le défi exceptionnel de sauver « l’Arbre de la Liberté » de façon originale, en réalisant une sculpture monumentale à installer à proximité de son emplacement d’origine. Invitation acceptée par l’artiste gembloutois !

Le projet imaginé par le sculpteur Jacques Lefebvre a été clair dès le début : le tronc épuré est composé de deux parties, séparées d’un espace comme un no man’s land. Il a associé à cette sculpture deux matières: l’acier Corten formant les ronces et le sol crevassé, mais également l’inox sous une forme gommée (sablage particulier) pour les nouvelles branches et le sol pur.

L’Arbre de la Liberté, tel que sculpté, symbolise une cassure, puis un renouveau vers l’espoir. Ce message de résilience fait écho non seulement à la symbolique première de l’arbre, mais aussi à la vie personnelle de l’artiste et finalement à l’existence de tout être humain.

Deux expositions sont proposées en complément, par des photographies qui racontent la création de la sculpture.

> Olivier Massant, photographe gembloutois passionné, a suivi durant plus d’une année l’artiste-sculpteur Jacques Lefebvre durant son travail de création de l’Arbre de la Liberté. "J'ai pris ces photos auprès de Jacques Lefebvre pour ressentir son travail et voir l'évolution de la sculpture". A la recherche de détails, de recoins de l'œuvre, capter quelques moments précieux, la photographie comme trace pour les générations futures, voilà comment Olivier Massant a envisagé son travail: "un témoignage du savoir-faire d'un artiste hors du commun". ​ Au travers d’une trentaine de photographies, il partage avec le public quelques moments choisis du travail du sculpteur.

> Rétrospective Jacques Lefebvre. Le Cercle royal "Art & Histoire" de Gembloux a invité l'artiste à présenter une rétrospective de son œuvre sculptée. Le visiteur appréhendera le parcours artistique du sculpteur en s'émerveillant devant une belle vingtaine d’œuvres façonnées avec passion dans une dizaine d'espèces ligneuses différentes. Il s'étonnera de voir comment l'artiste parvient à donner vie à du bois mort, il sera touché par la sensualité des courbes et l'irrésistible envie de caresser ces bois polis aux veines colorées, il partagera son ressenti avec l'artiste et osera peut-être s'interroger sur les merveilles cachées au plus profond de tout être.

Cela se passe aux caves du Château du Bailli, du 5 au 27 septembre 2020. Ouverture le samedi de 10 à 12h30 et le dimanche de 14 à 17h