En août dernier, la RTBF annonçait la découverte, par des chercheurs de Gembloux Agro-Bio Tech ULiège, d’une alternative aussi responsable qu’innovante au glyphosate.

Quelques mois plus tard, mi-janvier 2021, était créée APEO (Agronomical Plant Extracts & Essential Oils »), spin-off de Gembloux Agro-Bio Tech ULiège. Afin que puisse se développer cette toute jeune entreprise à valeur sociétale ajoutée, les bailleurs de fonds privés y investissent 3,7 millions d’euros et la Région Wallonne y apporte son soutien à hauteur de 2,4 millions. L’effectif passe, en ce mois de mars, de 2 à 6 personnes.

Capital privé et capital public wallons s’associent donc à une innovation à la croisée d’enjeux de taille pour notre société. « En plus de partager nos valeurs, nos partenaires ont compris combien il était nécessaire d’envisager des solutions où se rencontrent science, agriculture et durabilité », explique Haïssam Jijakli, co-fondateur d’APEO.

Ces produits phytosanitaires de génération responsable sont protégés par un brevet depuis décembre 2019. Une fois le processus d’homologation terminé, les bioherbicides d’APEO seront lancés dans un premier temps sur les marchés européens et nord-américains. Ils seront commercialisés à l’attention des particuliers, au plus tard en 2026, et des professionnels du secteur agricole, d’ici 2028. Ces produits suscitent également l’intérêt d’entreprises publiques.

Quelques chiffres

Les produits développés par APEO, ce sont :

  • 3000 huiles essentielles analysées, 91 testées et 3 retenues
  • 1 huile essentielle déclinée en plusieurs formulations
  • + de 10 années de recherches, dont 3 années de tests en conditions réelles (Belgique, Sud de la France et Royaume-Uni)
  • 2 applications et 16 heures en tout pour éliminer les plantes adventices (« mauvaises herbes »)


Au niveau mondial, le marché des pesticides, c’est :

  • 53,3 milliards d’euros
  • 65% de ce marché est aux mains des Big 5 du secteur (Bayer, BASF, Corteva Agriscience, FMC, Syngenta)