Les possibilités de poursuite ou de reprise des activités d'Océ Software Laboratories (OSL) à Gembloux sont très faibles, ont indiqué mercredi les syndicats. 

Ses 49 travailleurs hautement qualifiés lancent donc un appel aux candidats employeurs. Basée au parc scientifique Crealys, l'entreprise de conception de logiciels OSL appartient à la société néerlandaise Océ, spécialiste de l'imprimerie et de la photocopie faisant partie du groupe Canon. Début septembre, ses actionnaires ont indiqué leur intention de mettre fin à ses activités d'ici la fin de l'année pour les délocaliser en Roumanie. La procédure Renault enclenchée, tout est donc actuellement envisagé afin d'échafauder des solutions.

Après un deuxième conseil d'entreprise la semaine dernière, une réunion a notamment eu lieu mardi avec la Société wallonne de gestion et de participations (Sogepa).

"Le but était de voir si une reprise de nos activités dans leur ensemble est possible", a expliqué Etienne Goublomme, délégué syndical CNE. "Hélas, comme notre seul client est Océ et que nous ne travaillons que sur un seul produit, c'est très compliqué. Une reprise par une société exerçant dans le même secteur aurait pu être envisageable, mais elles sont majoritairement en difficulté et ont déjà délocalisé."

"A l'heure actuelle, la piste sur laquelle nous travaillons est plutôt la reprise individuelle des membres du personnel par des entreprises de domaines transversaux, qui auraient besoin d'une main-d'œuvre hautement qualifiée", a ajouté le responsable syndical. "La Sogepa va agir en ce sens, mais nous lançons donc aussi un appel à toutes les sociétés qui pourraient se porter candidates."

Formé en IT, administration, comptabilité et gestion des ressources humaines, les membres du personnel d'OSL disposent pour moitié d'un master et pour l'autre d'un baccalauréat. En moyenne, ils sont âgés de 50 ans avec une ancienneté de 30 ans et ils devraient être libérés de leur contrat fin décembre. Les candidats employeurs peuvent se manifester par l'intermédiaire des syndicats.

La poursuite de l'activité d'OSL par Océ après décembre semble, elle, toujours très compromise. "Nous devons encore soulever certaines questions, mais Océ est en perte depuis plusieurs années et Canon veut maintenant que cette branche lui soit profitable", a encore expliqué le délégué syndical CNE de la structure gembloutoise. "C'est dur d'accepter de voir nos emplois partir en Roumanie, mais Océ ne semble pas en mesure de faire machine arrière."

"En attendant, nous avons décidé de ne pas mener de grève et de respecter nos contrats. Quoi qu'il arrive, nous voulons rester professionnels jusqu'au bout. C'est d'ailleurs aussi un message que nous voulons faire passer à nos futurs employeurs potentiels. Oui, des travailleurs hautement qualifiés avec une ancienneté comme la nôtre coûtent peut-être plus cher sur papier, mais c'est aussi la garantie d'un travail bien fait. Certains seront aussi prêts à faire des concessions, en fonction de ce qui leur est proposé", a-t-il conclu.