Les hospitalisations Covid classiques sont en hausse de 28 % depuis une semaine au CHU UCL Namur et la présence aux Soins Intensifs a augmenté de 24 %. "Dix lits sont occupés à Godinne, c’est comparable aux chiffres de la mi-décembre et c’est inquiétant", estime le directeur du site Vincent Lachapelle. Une situation confirmée par le directeur médical Benoît Rondelet. "Pour la première depuis le début de la pandémie, nous avons dû transférer un patient dans un hôpital de la Province de Liège", explique-t-il. "Il faut savoir que compte tenu de la disponibilité du personnel, six lits de Soins Intensifs sont fermés le week-end. Le système est régulé par le 112 qui essaye que les hôpitaux ne se noient pas. On essaye que tout le monde soit en phase 1B pour éviter par exemple qu’un établissement ne passe en 1A et un autre en 2A."

Un lit tampon est toujours disponible pour pouvoir accueillir un patient du Réseau Hospitalier Namurois. Par ailleurs, Godinne a ouvert une unité spécifique Covid supplémentaire de 33 lits en hospitalisation classique pour soulager Dinant, Sainte-Elisabeth et Saint-Luc. "Ma crainte c’est que 33 à 50 % de ces patients sont susceptibles de se retrouver en USI. Selon les modèles mathématiques, on annonce un pic pour le 10 avril mais les vacances de Pâques commencent dans quatre jours et avec le ralentissement de l’activité au bloc opératoire, on récupérera des lits."

Des chiffres qui n’ont pour l’instant pas de répercussions négatives sur les autres soins. "On garde une activité respectable. Ce lundi, nous encore réalisé une greffe complexe. Nous sommes le centre de référence dans la Province pour l’œsophage et le pancréas Il faut que cela reste le cas. Malgré tout, on doit pouvoir se préparer à la phase 2A. Non seulement, cela fermerait une partie de l’hôpital de jour chirurgical mais cela serait inconcevable pour le personnel." Reste maintenant à espérer que la vaccination s’accélère. "Apparemment, on devrait recevoir lors des cinq prochaines semaines autant de vaccins que depuis le début de l’année. J’ose espérer que fin avril, tout cela sera derrière nous."

Grégory Piérard