Nosse Moulin est un acteur bien connu du développement éolien participatif dans la région de Gembloux depuis près de 10 ans. Constituée de 650 coopérateurs qui ont mis en commun une partie de leur épargne pour l’investir dans la construction d’infrastructures de production d’énergie renouvelable, la coopérative est déjà co-propriétaires de 3 éoliennes réparties sur 2 sites (Ernage-Walhain, Fernelmont) avec d’autres entreprises citoyennes.

Ce projet de 2 machines situé à la lisière du village de Grand-Leez (Gembloux) est pourtant inédit pour Nosse Moulin, puisqu’il s’agit d’un système de co-développement mis en place avec Eneco. « Concrètement, cela signifie que la coopérative supporte 50% des frais liés aux études, aux mesures d’impact, etc. mais qu’en cas d’obtention du permis, une des deux turbines projetées sera notre pleine propriété. Cela serait une nouvelle opportunité de mettre en œuvre notre modèle participatif, basé sur une réappropriation des moyens de production de notre énergie à l’échelle locale » selon Nicolas Schul, l’un des fondateurs de la coopérative.

Et avoir la participation de citoyens désireux de participer activement à la transition énergétique près de chez eux est un véritable atout par rapport aux autres projets développés dans la région :

« Le contrôle local d’une éolienne permet une relocalisation juste des revenus générés. Plutôt que de remplir les poches d’actionnaires étrangers, nous les redistribuons en partie vers les coopérateurs mais surtout nous les affectons en priorité au financement de la transition et de l’autonomie énergétique, au bénéfice de la communauté locale.

La rentabilité, nécessaire pour la bonne santé de la coopérative, n’est donc qu’un objectif secondaire et permet de placer en priorité l’optimisation de la production et le respect des riverains dans nos contraintes d’ex­ploitation. » commente Dominique Cuvelier, coopérateur.

L’Etude d’Incidence sur l’Environnement (EIE), qui analyse les potentiels impacts du projet sur le milieu biologique, le paysage et le patrimoine, l’être humain, etc. vient d’être publiée. "Les conclusions démontrent que ce projet aurait un impact très limité puisque : le projet s’implante en continuité d’autres éoliennes exploitées ou en construction, le projet respecte tous les critères d’implantations du cadre de référence en Région wallonne, le projet n’a aucune incidence significative sur un habitat Natura 2000, 2 hectares de mesures de compensation sont prévus pour limiter un possible impact diffus sur l’avifaune nicheuse, des mesures d’atténuations (arrêt des éoliennes) sont prévues pour préserver les 5 espèces de chauves-souris repérées près du site, la zone d’habitat la plus proche est située à 828 m (Grand-Leez), tandis que l’habitation isolée la plus proche est localisée à 835 m."

L’installation prévue de ces deux machines fournira une électricité verte et produite localement à l’équivalent de 6.000 ménages. "Cette infrastructure permettra en outre d’éviter le rejet dans l’atmosphère de 9.500 tonnes de CO2 par an, gaz dont nous savons qu’il est un des éléments majeurs du dérèglement climatique en cours. Ce projet rencontre donc pleinement les objectifs et engagements pris à l’échelle régionale, nationale et européenne pour limiter le réchauffement climatique à 2°C d’ici 2100 et atteindre une neutralité carbone à l’horizon 2050."

Et de conclure : "En quelques jours seulement depuis le début de l’enquête publique, plus d’une centaine de courriers avec avis favorable ont déjà été récoltés par la coopérative qui les remettra ensuite au Collège communal de Gembloux ; celui-ci remettra alors son avis consultatif à la Région Wallonne en charge de délivrer le permis d’exploiter. Cet engouement démontre que lorsqu’un projet éolien est bien intégré dans son environnement et avec des retombées locales garanties, les citoyens sont très enclins à soutenir la construction d’infrastructures éoliennes près de chez eux."