Namur

La ville de Namur rappelle les conclusions de la spécialiste en physiologie végétale qui les a examinée en 2018

L'abattage en début de semaine des 8 marronniers malades en bord de Sambre entre le pont du Musée et le pont de France, a fait bondir les activistes et Namurois très attachés à leurs arbres. La décision avait pourtant été annoncée et expliquée en décembre de l'année dernière, plusieurs collectifs et associatns de quartier ayant été ivités à aller les voir sur place en compagnie de l'experte.

Pour Marcel Guillaume, ce qui a tué les arbres est le fait d'être resté "plusieurs semaines sans la protection plastique qui avaient été mise en place pour éviter que les racines mises à nu par le creusement de l'accès du parking, ne soient exposées au soleil, ils ont fini par contracter une maladie qui les condamnait à court terme. C'est donc bien la négligence qui les a condamnés; nous n'en voulons pour preuve que les mêmes arbres situés de l'autre côté du pont sont intacts", dit-il.

Devant ces déclarations et l'émoi d'une partie de la population, la ville de Namur a justifié à nouveau point par point, les raisons qui l'ont "contrainte d’abattre ce lundi huit marronniers situés au Grognon. Ces arbres étaient condamnés à court terme à cause d’une maladie incurable, d’après des expertises sanitaires réalisées en 2016 et en 2018. Leur abattage était donc inévitable"

Le rapport de 2016 fait état de la présence d’une bactérie (Pseudomonas syringae pv aesculii), confirmé dans le complément d’expertise du Docteur Ir Murielle Eyletters en 2018. Docteur en sciences agronomiques avec une spécialité en physiologie végétale, elle précise que "les arbres sont condamnés à court terme à cause de la maladie qui atteint les vaisseaux conducteurs des marronniers. La bactérie met à mort les marronniers et est incurable". Elle est d'ailleurs venue l'expliquer aux citoyens lors d'une séance publique d'informations.

Ce qui justifie l'abattage selon l'experte: l’intensité élevée de l’attaque pour certains arbres, une espérance de maintien faible avec une survie engagée à court terme (dans les 2,3 ans), la dangerosité des arbres, le risque de contamination de la maladie vers les arbres des autres avenues (le long de la Sambre). Elle explique que la maladie toutche toute l'Europe. "Ce problème sanitaire est indépendant de la sécheresse estivale ou des travaux en cours, travaux qui ont débuté après la détection de la maladie", rappelle la ville de Namur).

Quant à la volonté de les conserver sur le site, ce qui n'aura finalement pas été possible: "dans le cadre du chantier relatif au Grognon, la Ville avait exigé, dans son cahier des charges en 2015, le maintien des huit arbres sur le site. Bien qu’aucun d’eux ne soit classé, ils étaient, selon le Collège, un élément important de structuration du paysage à cet endroit. Mais le Collège communal a été contraint de suivre les recommandations de l’expertise sanitaire et a validé, ce 10 septembre 2019, un avenant pour commander l’abattage des arbres précités. Le permis avait été délivré en mai 2019 par le SPW", justifie la ville de Namur.

Regrettant amèrement ces états de fait, le collège a voulu maintenir cette structuration du paysage par la plantation de nouveaux arbres. Après étude, il a donc décidé de planter huit chênes indigènes de l’espèce Quercus robur, d’âge avancé (minimum 20 ans) et d’un diamètre de minimum 40 cm, "pour conserver un bel alignement de plantations denses et volumineuses et participer immédiatement à la biodiversité du lieu. Les nouvelles plantations seront replantées prochainement avec toutes les précautions d’usage pour leur bon enracinement".

"Sans abattage, ces marronniers étaient voués à disparaitre à brève échéance. En prenant ses responsabilités sur base de l’expertise externe, et en décidant de replanter des chênes, on garantit une verdurisation équivalente sur le site pour de nombreuses décennies", communique la ville.