Il y a des commerces qui restaient systématiquement fermés le temps que durent les Wallos.

Ainsi, Roméo, le spécialiste du fumeur de cigares dans la région de Namur, situé rue Marchovelette. "Notre magasin a toujours été fermé pendant ces fêtes de Wallonie, explique François, le patron des lieux. Mais cette année, vu la situation, nous restons ouverts pour accueillir notre clientèle, dans des conditions ‘normales’. Mais, je suis triste pour Namur."

Non loin de là, au bar tapas Manolo Madrid de la rue des Brasseurs, on est un peu dans le même cas de figure.

"Chaque année, à cette époque, je ferme le restaurant parce que le produit que je propose n’est pas vraiment adapté à l’esprit de la fête des Wallos." Lui aussi restera ouvert exceptionnellement, dans sa configuration habituelle mais évidemment en mode Covid, avec les mesures afférentes.

"Ça me laisse une impression un peu bizarre, mais il faut dire que depuis quelques mois, tout est bizarre. On doit s’adapter en permanence. Culturellement, je me sens moins concerné par cette fête mais je comprends l’état d’esprit des gens, la situation est triste."

Et puis, il ne faut pas le cacher : des jours d’ouverture supplémentaires, ça fera rentrer un peu de sous dans les caisses. Quand on sait combien le secteur Horeca a souffert et souffre encore de cette crise liée au Covid, chaque euro entrant est certainement bienvenu.

Cédric, étudiant, ne travaillera pas ce week-end: 500 euros perdus

Cédric, 22 ans, vient de Tarcienne, dans l’entité de Walcourt. Étudiant à l’

UNamur, les Wallos, pour lui, c’était une possibilité de se faire un peu d’argent de poche pour son année scolaire. " Depuis que je suis à la Fac à Namur, je travaille dans des cafés lors des fêtes de Wallonie. L’an passé, on avait à peu près 10 euros de l’heure et avec les pourboires, je me faisais facilement 100 euros par jour. Multipliez par cinq, vous voyez ce que je vais perdre cette année. "

Effectivement, vu le programme extrêmement réduit des Wallos cette année, les patrons de café et les restaurants ne font pratiquement pas appel à de la main-d’œuvre supplémentaire. " Avec l‘expérience, on connaît les adresses où on a une chance de se faire embaucher. Je suis allé voir partout. Rien. Personne n’a voulu m’embaucher, pourtant je suis un peu connu et on sait que je travaille bien. Mais c’est général, aucun de ceux que je connais qui travaillent comme moi n’a trouvé du boulot cette année, c’est malheureux."

Cédric en profitera pour faire ces Wallos autrement : " On va tenter d’assister à au moins un spectacle où un de mes amis a fait des réservations. Pour le reste, on ira boire un verre à gauche ou à droite. Mais à vrai dire, ça ne m’arrange pas du tout. Au lieu de gagner de l’argent, je vais en dépenser. En même temps, je ne peux pas bêtement rester chez moi à ne rien faire quand les autres font un peu la fête ."