"Il convient de leur faire passer le goût de l’argent facile", estimait le substitut Delannay

"On voyait cela dans les films et cela marchait. Nous avions des problèmes d’argent, alors on s’est dit que nous allions essayer." Andy, Aziz et Nicolas se sont rendus coupables de 3 home-jackings hyperviolents à la fin de l’été 2019. Le même modus operandi a été utilisé par les prévenus pour ces faits commis à Jemeppe-sur-Sambre, Wanfercée-Baulet et Gesves. Les auteurs repéraient l’habitation de personnes fortunées puis y pénétraient armés et cagoulés en demandant d’importantes sommes en liquide et des bijoux. Ils sont en aveux.

Dans les deux premiers cas, un butin de 30.000 euros a été emporté. "C’était de notoriété publique que ces gens étaient riches. Nous, on avait des dettes à éponger", confiait lors de l'audience du 18 juin dernier Nicolas, qui a été l’initiateur des vols mais restait dans la voiture pendant que ses amis se salissaient les mains. Andy confiait : "On avait des armes, il y avait un silencieux sur une d’elles mais elles n’étaient pas chargées. La première fois, on est entrés cagoulés, l’homme rentrait, on l’a fait sortir de la voiture, on l’a fait se coucher au sol, on l’a ligoté, puis on a demandé à la dame d’ouvrir le coffre."

Lors des seconds faits, 25 bagues, un kilo de bijoux en argent, des montres Rolex et des bagues et chevalières en or ont été dérobés.

7 parties civiles se sont constituées dans le cadre du dossier, elles demandaient le remboursement des sommes dérobées et une somme provisionnelle pour le traumatisme subit. Un de leurs avocats confiait : "Ma cliente a perdu 10 kilos. Son mari a vendu sa société, aujourd’hui, il a peur des passants. Ils ont perdu leur joie de vivre et leur qualité de vie. Ils bénéficient tous les deux d’un suivi psychiatrique."

Le substitut Axel Delannay évoquait pour sa part le grand banditisme pour qualifier les faits, qui ont occasionné d’importants traumatismes et des incapacités de plus de 4 mois dans le chef des victimes. "Il faut leur faire passer le goût de l’argent facile. Ils ont agi avec sang-froid et professionnalisme, avec le parfait matériel du truand. Ils ont bousillé les vies de leurs victimes, ils ont même été jusqu’à mettre en joue une dame qui avait son bébé de 2 ans dans les bras", précisait le représentant du ministère public, avant de requérir des peines de 12, 11 et 10 ans de prison.

Ce mardi, les 3 prévenus ont été condamnés à 12, 9 et 10 ans de prison.

La compagne de l’un des malfrats était également inquiétée pour le recel de 3 bagues et 3 pendentifs, que le prévenu lui avait demandé de revendre. Elle bénéficie de la suspension du prononcé de la condamnation pour une durée de 3 ans.