Ce vendredi, les directions des six hôpitaux du Réseau Hospitalier Namurois se sont réunies pour analyser la situation respective de chaque hôpital en regard de la pandémie Covid-19.

Le constat établi est que la capacité globale des lits prévus dans la phase 1A dédiés à l’accueil des patients Covid positif en unité de soins intensifs et en unité de soins conventionnels est en voie de saturation, et même dépassée dans certains hôpitaux.

"Je ne peux que conseiller aux gens de respecter les gestes barrières et de limiter les contacts. Pour ceux qui ne comprennent pas : si d’ici un mois, la situation ne s’améliore pas, on n’est pas certain de pouvoir soigner tout le monde aux soins intensifs ! Depuis le début de la semaine, le nombre de patients a triplé", confie entre deux interventions, le responsable du CHU de Mont-Godinne, Benoît Rondelet.

Pour éviter pareil scénario, le Réseau Hospitalier Namurois a décidé ce vendredi après-midi d’activer la phase 1B du plan d’urgence. La phase 1B signifie que 50 % des lits de soins intensifs et 4 fois ce nombre de lits en hospitalisation conventionnelle sont dédiés à la prise en charge de patients Covid-19. "Nos 7 lits dédiés aux patients covid sont occupés. Nous n’avons pas attendu lundi pour nous préparer… Mais cela implique de prendre des décisions, parfois difficiles. Seules les interventions les plus graves ont été/ou seront prises en charge. Exemple cette semaine. On devait opérer un patient atteint d’un cancer de l’œsophage. On a dû reporter l’opération pour s’occuper d’un autre patient qui devait avoir une greffe pulmonaire. J’espère qu’on pourra soigner l’autre patient dès que possible début de semaine prochaine."

Une situation qui n’est pas normale et qui met en colère le personnel de l’hôpital. "L’Etat ? Il n’a rien fait depuis sept mois ! Hormis nous avoir donné le matériel et les médicaments… Confiner les gens, ils n’ont pas le choix ! Ils sont au pied du mur. Humainement parlant, le personnel est à bout. On travaille sans relâche depuis mars. Des infirmiers sont écartés (mis en quarantaine s’ils sont testés positifs à la covid), mais pas remplacés. C’est la pénurie ! Les certificats médicaux pleuvent. Le personnel soignant n’est pas épargné par la maladie non plus. Psychologiquement, c’est dur", dit-il. On reste sans voix face à ce commentaire… Avec quand même une pointe d’optimisme avant de reprendre le travail : "Allez ! on est quand même mieux préparés qu’en mars dernier. On reste motivés et on se donnera à donf (sic) pour faire notre job", conclut-il.

La situation n’est guère différente dans les autres hôpitaux de la région namuroise. Un discours similaire à la Clinique St-Luc à Bouge. "On est en plein dans la 2e vague, c’est une évidence. On est sur les chapeaux de roues, car on se prépare petit à petit à la phase 1B, qui ne devrait pas tarder à être officielle. On dispose de 4 lits aux soins intensifs (pour 16 lits classiques). Si ça se dégrade ? On devrait alors imaginer des transferts de patients vers d’autres hôpitaux du groupe, si jamais on n’a pas le choix. On devrait aussi diminuer certains services. Le personnel hospitalier ? On a un taux d’absence plus élevé qu’à l’accoutumée."